Intrants agricoles : Plus de 400 tonnes d’engrais biologiques exportées PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 08 Février 2012 00:00

Des observateurs se posent la question pourquoi Madagascar exporte de l’engrais biologique alors qu’il importe des engrais chimiques et du riz ?

La société Guanomad, spécialisée en matière d’exportation d’engrais biologique, vise plutôt le marché international que national. En effet, la demande est en nette évolution pour ne citer que le marché européen qui a besoin de 10 000 tonnes d’engrais par an. « L’année dernière, nous avons réalisé une exportation de plus de 400 tonnes d’engrais biologiques dans divers pays », a annoncé Erick Rajaonary, l’Administrateur délégué de la société Guanomad lors de la présentation de vœux de l’entreprise tout récemment.

Réseau de distribution. Guanomad exporte notamment en France, Allemagne, Espagne et Belgique. Cette entreprise a également réussi à percer le marché de l’Afrique de l’Ouest, plus précisément, au Bénin et en Angola. Ce n’est pas tout ! Elle vient aussi d’effectuer deux envois de containers d’engrais biologiques vers la région des Caraïbes, comme la Guadeloupe et la Martinique. Par contre, dans la région de l’Océan Indien, Guanomad a signé un contrat de distribution exclusive avec un partenaire à la Réunion après l’envoi de 3 containers d’engrais biologique vers cette île voisine. Ce contrat prévoit l’exportation de 3 containers d’engrais tous les mois. Et afin d’assurer un meilleur service de proximité, cette entreprise a mis en place un réseau de distribution de son produit basé au Luxemburg. « Nous avons une part d’actions de l’ordre de 51% pour la création de cette filiale en partenariat avec des opérateurs belges et français », a fait savoir Erick Rajaonary.

Engrais spécifiques. Par ailleurs, un nouveau département Recherche et Développement vient d’être créé par la société. « En fait, l’engrais guano est très basique. Certaines plantations nécessitent l’apport d’azote, entre autres. C’est pourquoi, nous avons utilisé d’autres éléments comme la coque de cacao, les cornes de zébu broyées pour un mélange. Nous produisons désormais des engrais spécifiques pour chaque type de plantation tels la culture de maïs, de canne à sucre et de thé », a-t-il évoqué. Guanomad a également fait une ouverture de son capital en appelant une société d’investissement étrangère dans le but d’investir davantage dans la recherche des grottes et dans les machines d’exploitation. « En effet, les clients étrangers demandent la modification de la présentation de l’engrais biologique, qui plus est certifié par l’Ecocert, sous forme de granulé. Cela nous permet en même temps de lutter contre les produits contrefaits », a souligné l’Administrateur délégué de la Guanomad.

Politique de subvention. Quant au marché local, la vente d’engrais n’évolue pas. Même les importateurs d’engrais chimiques sont confrontés aux difficultés en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat de la population. « Il n’ y a jamais eu de politique de soutien à l’agriculture depuis la crise alors que c’est important si l’on veut atteindre l’autosuffisance alimentaire. Notre chiffre d’affaires ne cesse de diminuer sur la vente directe auprès des organisations paysannes. L’année dernière, nous avons eu un réseau d’exploitation zéro. C’est pourquoi nous visons plutôt le marché extérieur », a confié Erick Rajaonary. Notons que Guanomad écoulait auparavant toute sa production vers le marché local. Mais sans une politique de subvention de l’Etat, les intrants agricoles ne sont plus à la portée des paysans. L’engrais biologique s’achète actuellement à 800 Ar/kg contre 2 800 Ar/kg pour l’engrais chimique. L’entreprise n’envisage plus cette année que 20 à 30% de sa production pour le marché local, et ce, contre sa volonté. En Guadeloupe, l’engrais guano se vend à 450 Euros la tonne.   

Navalona R.

 

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