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Invité du lundi, Ulrich Andriantiana, « Je ne m’attendais pas à être ministre » PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 30 Janvier 2012 00:00

Polo sportwear, pantalon kaki, sandales style ethnik… Sans son costume et sa cravate, ceux qui ne connaissent pas Ulrich Andriantiana – quoiqu’il soit archiconnu à Nosy Be – sont loin d’imaginer que c’est un ministre. Qui plus est, le benjamin du gouvernement. A l’image même de son département, en l’occurrence, la Jeunesse et les Loisirs.

Conscience d’Etat. « Je ne m’attendais pas à être ministre », confie Ulrich Andriantiana. Sortant de la section Agent Diplomatique et Consulaire de l’ENAM, il avait travaillé au ministère des Affaires Etrangères à Anosy avant de poursuivre ses études à Genève. Il n’a pas pour autant la grosse tête après sa nomination dans le gouvernement Beriziky. « C’était le 21 novembre 2011 », remémore le jeune ministre qui ne s’est pas précipité pour acheter une voiture ou une villa. « Je voyage en classe économique en avion et même par route quand c’est possible », déclare-t-il, en toute simplicité. Faisant part de sa détermination à se forger une « conscience d’Etat ».

Budget. Il n’est pas du genre à s’accrocher mordicus à son siège. « Si les circonstances ou les événements m’obligent à démissionner ou à être remplacé, je ne m’incrusterai pas », assure-t-il. En soulignant qu’il réintégrera alors son corps d’origine. Pour l’instant, il est bel et bien à la Place Goulette. Il trouve anormal que le ministère de la Jeunesse ne dispose que du 1/1000e du budget général alors que les jeunes constituent 60% de la population. « J’ai évoqué la question en conseil de gouvernement », rapporte-t-il.

Consensus. A propos de gouvernement, Ulrich Andriantiana de faire savoir que « malgré une ou deux grosses gueules, la concorde règne entre les membres. On s’entend bien, y compris avec les ministres issus de la mouvance Ravalomanana. La vision commune pour la Nation prime sur les intérêts personnels et/ou partisans. Quoique les discussions soient parfois vives, le consensus est toujours de mise pour les prises de décision ». Il admet néanmoins qu’il y a quelque peu un conflit de générations qui se manifeste par la réticence de certains aînés vis-à-vis des jeunes. Tout en reconnaissant « l’expérience des premiers », le benjamin de l’équipe gouvernementale de faire remarquer qu’ « il est dans l’intérêt de tous d’assurer la relève et le renouvellement de la classe politique sans pour autant verser dans la politique politicienne ».

Gouvernance de proximité. Il, c’est toujours le ministre de la Jeunesse qui prône une « gouvernance de proximité », estime qu’« être ministre n’est pas une fonction d’honneur ». S’inspirant des modèles finlandais et suédois, il pense que les gouvernants doivent s’approcher des gouvernés. A son avis, « un ministre peut fort bien conduire sa propre voiture le week-end ». C’est ce qu’il a fait à Nosy Be, la ville où il a grandi et décroché son Bac C. Il a d’ailleurs effectué une visite au Lycée Mixte de l’Ile aux Parfums où ses anciens profs. l’ont présenté comme « un élève modèle » à ses cadets et cadettes.

Retour aux sources. Du proviseur au chef District en passant par le PDS de la Ville, tous ont tenu à dire que « les études conjuguées à une bonne conduite sont la clé de la réussite ». Pour sa part, le « vahiny » de saisir l’occasion pour fustiger « le tourisme sexuel à Nosy Be ainsi que l’addiction des jeunes à l’alcool et au khat ». Un message fort qui n’a pas, par contre, enivré son jeune auditoire qui était fier de l’ancien élève « Ricky » devenu ministre. Leur ministre. Ce dernier n’a d’ailleurs eu de cesse de répéter tout au long de ce retour aux sources à Nosy Be que « le ministère de la Jeunesse appartient aux jeunes et non l’inverse ».

Propos recueillis par R. O

 

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