| Cohabitation obligée |
|
|
|
| Samedi, 18 Février 2012 00:00 |
|
Consensus et inclusion ont donné naissance à la cohabitation. La rivalité est en train de marquer la vie politique et économique dans les institutions de la transition. Depuis l’application de la feuille de route signée en septembre dernier, les mouvances politiques sont obligées de vivre ensemble. Rajoelina - Beriziky au sommet de l’Exécutif. Christine Razanamahasoa (justice) - Désiré Rakotondrazaka (sécurité intérieure), Florent Rakotoarisoa (Intérieur) - Ruffine Tsiranana (décentralisation) au gouvernement. Ils ne regardent pas toujours dans la même direction. Les intérêts ne se rejoignent pas. On sait qu’il n’est pas facile de vivre en cohabitation. La sagesse des ancêtres ne nous démentira en enseignant « Ny havana tiana tsy hiaraha- monina » (Il ne faut pas habiter avec les parents qu’on aime) afin de se préserver des conflits. Cohabitation obligéeLes divergences apparaissent au grand jour. L’affaire de meurtre d’un magistrat à Toliara a duré deux mois avant d’aboutir à un minimum de compromis entre magistrats et policiers. Chaque entité a du faire des concessions. Mais les revendications de limogeage du ministre de la Justice et du ministre de la Sécurité Intérieure ne sont pas satisfaites. Le torchon brûle entre deux ministres dans l’affaire du remplacement des maires par quatre PDS dans la région d’Antsohihy. Mais à qui donnera-t-on raison ? à la ministre de la Décentralisation ou au ministre de l’Intérieur ? Dans un passé récent, un ministre de la Décentralisation a nommé des PDS et n’a reçu aucune volée de bois verts de ses pairs. A la Banque centrale, l’affaire est plus complexe et subtile. Mais au fond, elle cache mal une rivalité de lobbies économiques et des affaires pour le contrôle de la Banque centrale et de ses réserves de un milliard de dollars. Le maintien ou le limogeage du gouverneur et la grève du personnel qui en découle ne sont que la face visible de l’iceberg. A la cohabitation au sommet de penser aux intérêts supérieurs de la nation dans le règlement de ce dossier. Une chose est sûre, en ce moment la cohabitation empêche chaque camp politique de réaliser pleinement ses desseins. Mais elle ne présente pas moins, dans cette période de transition, un certain avantage. La cohabitation freine les ambitions de chacun en les obligeant à observer les limites de leurs champs respectifs de compétences. La cohabitation garantit la modération parce qu’il n’y a plus de concentration de pouvoirs entre les mains d’un seul camp. Mais encore faut-il au niveau de l’Etat bien délimiter les rôles dévolus par la feuille de route. Sinon… Zo Rakotoseheno |









