
| Feuille de route : Mise en œuvre en danger |
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| Mardi, 10 Janvier 2012 00:00 |
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Le processus fragile en cours se trouve plus que jamais en danger avec le refus d’inclure dans l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement l’adoption des différentes mesures d’apaisement. La session extraordinaire du Parlement s’est ouverte hier, à Tsimbazaza pour le Congrès de la transition et à Anosikely pour le Conseil Supérieur de la transition. Jusqu’ici, l’examen et l’adoption du projet de Loi sur le fonctionnement, l’organisation et les attributions dela Commissionélectorale nationale indépendante pour la transition sont l’unique ordre du jour de la session qui ne devra excéder 12 jours. Lors d’une interview qu’il a accordée hier aux membres de la presse au palais de Tsimbazaza, le président du Congrès Mamy Rakotoarivelo a déclaré malgré lui que l’adoption des différentes mesures d’apaisement ferait l’objet d’une deuxième session extraordinaire du Parlement. Autrement dit, le gouvernement n’a pas inclus à l’ordre du jour de la session en cours l’adoption dela Loid’amnistie, pourtant jugée urgente par la Feuille de route dans son article 16 pour pouvoir instaurer le climat d’apaisement favorable à la tenue d’élections crédibles, libres, justes et transparentes. Logique. Visiblement, la logique n’est pas respectée dans le processus en cours. La Feuille de route signée le 17 septembre 2011 préconise d’abord la mise en œuvre des différentes mesures d’apaisement avant la tenue d’élections. Et le retour au pays de l’ancien président Marc Ravalomanana devrait avoir lieu avant la tenue d’élections. Le processus actuel ne permet pas cette logique. On a l’impression de mettre la charrue avant les bœufs. On se précipite à mettre en placela CENI et à adopter les lois électorales alors que ces lois électorales ne pourront s’appliquer qu’après la mise en œuvre des mesures d’apaisement qui permettront à tout le monde, y compris l’exilé d’Afrique du Sud, de se présenter aux élections. A quoi sert une CENI refaite et recomposée s’il n’y a pas d’élections ? Or, il ne pourra y avoir d’élections sans la participation de tous. Par ailleurs, il y a violation flagrante de la Feuille de route qui est devenue une loi (Loi n° 2011- 014) après la ratification du Parlement et la promulgation par le président de la transition. Transition « bananière ». On assiste actuellement à une transition « bananière ».La HAT n’hésite même pas à fouler aux pieds les dispositions de la Feuille de route. Elle n’applique que les dispositions qui l’arrangent. Andry Rajoelina n’est pas logique envers lui-même, lui qui a promulgué la loi n° 2011-014. Ceux qui violent la loi ne méritent-ils pas des sanctions ? La situation actuelle semble donner raison à l’amiral Didier Ratsiraka qui n’a pas signé la Feuille de route et au Pr Zafy Albert qui, après avoir proposé Omer Beriziky comme Premier ministre de consensus, a renié les membres du gouvernement issus de sa mouvance et n’a pas proposé des noms pour la mise en place du CT et du CST. Chose curieuse, la communauté internationale se tait devant ces entraves à la bonne mise en œuvre de la Feuille de route. Silence complice ou non, la communauté internationale a une part de responsabilité dans l’impasse actuelle. Le report de l’installation du bureau de liaison dela SADC favorise l’anarchie qui risque fort de compromettre un processus qui ne fait que débuter. Résistance. Bien que minoritaires au sein des Institutions de la transition, les parlementaires et les ministres de la mouvance Ravalomanana sont déterminés à résister au danger. Tout en étant convaincus qu’il ne pourra y avoir d’élections crédibles, justes, libres et transparentes sans le retour au pays de l’ancien président tel qu’il est imposé par l’article 20 de la Feuille de route. En effet, les parlementaires de la mouvance de l’ancien président qui se sont réunis hier à l’hôtel Fanantenana Ampandrana se préparent à l’offensive. « L’adoption du projet de loi sur la CENI est l’unique ordre du jour de notre session, certes, mais il faut que nous nous battions durant la session pour sauvegarder le processus car personne n’a intérêt à ce que ce processus capote. », prévient un congressiste de la mouvance qui a requis l’anonymat. Le Conseil de gouvernement d’aujourd’hui s’annonce chaud. Les cinq ministres de la mouvance Ravalomanana viendront avec des arguments juridiques et politiques en béton pour défendre la nécessité de l’application totale et non partielle dela Loi n°2011-014. En tout cas, la mise en œuvre de la Feuille de route traverse en ce moment une période plus que jamais critique après l’ouverture de la session extraordinaire du Parlement. A l’allure où vont les choses, les décisions du sommet des Chefs d’Etat de l’Union africaine qui se tiendra vers la fin de ce mois remettraient en cause le processus en cours. On s’acheminerait vers le retour à la case départ. RAJAOFERA Eugène |






