Devoir de mémoire PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 27 Janvier 2012 00:00

      « 26 janvier 2009 ». Les victimes n’ont pas encore oublié ce lundi noir où ils ont tout perdu en un rien de temps.  Citic et Suprême Center, deux hauts lieux commerciaux de l’électronique, pillés et incendiés à cette occasion n’ont pas encore évacué leur deuil. Leurs personnels se sont mis en noir hier en souvenir de cette date tragique de pillage qu’ils ne souhaitent jamais plus voir se reproduire.  De nombreux magasins et grandes surfaces ont subi le même sort. Ils ont été complètement dévalisés et razziés. Les autorités ont fait état de 42 morts dû à l’effondrement d’une toiture d’une grande surface. 11 cadavres dont plusieurs carbonisés ont été découverts dans un autre magasin pillé et incendié. Au total,  plus d’une centaine d’individus perdront leur vie dans les pillages.     

Devoir de mémoire

        Trois ans après, des victimes n’ont toujours pas été indemnisées. Celles qui ont pu relever la tête l’ont réussi par leurs propres moyens. L’Etat les a complètement oubliés jusqu’à présent. Mais que s’est-il réellement passé ce lundi 26 janvier 2009 ? Un devoir de mémoire s’impose. Ce matin là, les manifestants de la place du 13 mai et leurs leaders ont tenu meeting devant le tribunal Anosy pour obtenir la libération de trois étudiants inculpés dans une affaire de cocktail molotov et pour interrompre le remblayage des rizières d'Andohatapenaka.  Des manifestants s'en sont pris aux locaux de la radio et de la télévision nationales à proximité. Ils les ont pillés et incendiés. Le pillage s’est vite répandu. Les ciblés ont surtout été les magasins et sociétés appartenant au groupe Tiko et à Marc Ravalomanana. Il ne resta plus que des ruines fumantes de la station audiovisuelle MBS (Malagasy Broadcasting System), Malagasy Grossiste, Blue Print, Auditorium. Plusieurs grandes surfaces et centres commerciaux ont subi le même sort. A se demander pourquoi les forces de l’ordre n’ont-ils pas réagi contre vents et marées pour protéger les personnes et leurs biens ce jour là ? Le lundi noir laisse jusqu’à maintenant de nombreuses questions sans réponses. Ces pillages ont-ils été commandités ? Qui sont à l’origine de ces pillages qui ont fait plusieurs morts retrouvés carbonisés dans divers magasins et grandes surfaces ? Les responsabilités n’ont encore jamais été établies jusqu’à présent. L’affaire devrait pourtant intéresser au plus haut point la Justice. C’est sans doute pour cette raison que les victimes telles que CITIC et Suprême Center ne laissent pas passer cette date tragique chaque année. En portant le deuil du souvenir douloureux, elles interpellent l’Etat et le public sur les responsabilités dans une affaire qui tarde à être jugée et qui a fait plus de morts que le 07 février à Ambohitsirohitra.    

Zo Rakotoseheno

 

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