| Retour avorté : Notam contre Marc Ravalomanana |
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| Lundi, 23 Janvier 2012 00:00 |
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Le Notam a bel et bien existé, contrairement aux affirmations du ministre de la Communication, Harry Laurent Rahajason. Le ministre de la Communication, Harry Laurent Rahajason, a visiblement menti. Ce membre du gouvernement a affirmé samedi qu’aucun Notam n’a été pris contre l’ancien président Marc Ravalomanana qui rejoignait Madagascar samedi dernier à bort du vol SA 8252 de la compagnie Air Links. 24 heures après, plus précisément hier, un communiqué de presse de la Présidence de la transition (N°019-P-T/SGP/COM) semble contredire les propos du ministre Harry Laurent Rahajason. Le communiqué stipule : « Face aux risques de troubles certains, générés par les partisans de Monsieur Marc Ravalomanana face à des éléments des forces de l’ordre déterminés… et consécutivement à la nécessité impérieuse d’exécuter un mandat de justice ayant force exécutoire, il a été décidé de fermer provisoirement l’aéroport international d’Ivato et il a été indiqué à la Compagnie aérienne Air Links dans un premier temps, d’atterrir à l’aéroport international de Morondava pour non seulement permettre aux autorités de la police judiciaire d’exécuter le mandat d’arrêt décerné contre Monsieur Marc Ravalomanana, mais encore et surtout pour attendre à ce que la situation revienne à la normale aux environs de l’aéroport international d’Ivato, avant que l’aéronef et les passagers restants de Air Links puissent y atterrir en toute sécurité. » Deux-tiers du trajet. Le même communiqué de souligner : « De son propre chef, le commandant de bord du Vol Air Links SA 8252 de ce samedi 21 janvier a ainsi décidé de reprendre le cap sur Johannesburg. » Les déclarations faites samedi dernier par le ministre de la Communication sont fausses. La vérité est qu’un Notam était pris sur instruction du président Andry Rajoelina alors que l’aéronef de la compagnie Air Links a déjà effectué deux-tiers de son trajet, sur l’axe aérien Johannesburg- Antananarivo. Ce samedi 21 janvier, ledit Notam dont le premier délai de validité est de 4 heures (de 13h à 17h) a ordonné la fermeture de 5 aéroports internationaux de Madagascar dont Antananarivo, Mahajanga, Toamasina, Toliary et Taolagnaro. A la réception du Notam émis par le président de la transition, un membre de l’équipage du Vol SA 8252 de la Compagnie Air Links a annoncé à ses passagers : « Nous devons faire demi-tour, ils ont fermé l’aéroport. » L’aéronef est retourné à Johannesburg. L’avion a fait alors un virage à 180 degrés. Sur le sol, les membres de la délégation de la mouvance Ravalomanana qui attendaient l’atterrissage de l’avion transportant l’ancien président Marc Ravalomanana, une quinzaine de journalistes sud-africains et des conseillers spéciaux du président Jacob Zuma, n’ont connu l’existence du Notam qu’à 13h45. « C’est de la provocation », a réagi Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, en exhibant hier devant la presse le Notam pris contre l’ancien président. Pression de Zuma. La réaction de l’ancien président Marc Ravalomanana n’a pas tardé à l’annonce de l’existence du Notam par un membre de l’équipage du Vol SA 8252. Il a réagi devant quelques journalistes qui se trouvaient à bord : « C’est la preuve que ce gouvernement ne respecte pas la Feuille de route, pourquoi ne peut-on pas atterrir ? Tous les exilés sont normalement autorisés à rentrer ! Il y a un million de Malgaches qui m’attendent à l’aéroport. » L’exilé d’Afrique du Sud de révéler ensuite : « J’ai parlé ce matin au Premier ministre malgache, et il m’a dit que tout était OK. » Le journal Le Monde dans sa livraison du 21 janvier (voir l’article en page 20) de rapporter une partie de ce qui s’est passé à bord du Vol SA 8252 : « …Tout d’un coup, le silence se fait. C’est le président sud-africain Jacob Zuma. Au bout de quelques minutes, la conseillère de M. Ravalomanana raccroche et chuchote la nouvelle. Le chef de l’Etat est d’accord pour faire pression sur le régime malgache lors du prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba la semaine prochaine. Un grand sourire se dessine alors sur le visage de Marc Ravalomanana. Il tape dans la main de sa conseillère. » Il n’y a qu’une seule explication au Notam émis par la HAT contre l’ancien président : la panique et la peur. Si la HAT a le courage d’arrêter l’ancien président comme elle ne cesse de brandir, pourquoi n’a-t-elle pas laissé l’avion qui l’a transporté depuis Johannesburg atterrir à l’aéroport d’Ivato où une foule estimée entre 800 000 et 1 000 000 de personnes l’attendait. Sur les grands mensonges du ministre de la Communication Harry Laurent Rahajason, l’exemple doit venir d’en haut. Cet ancien journaliste qui ne rate jamais l’occasion de donner de leçon à ses anciens collègues sait très pertinemment que l’éthique journaliste ne permet pas ces mensonges. En tout cas, on attend la réaction de la communauté internationale sur les événements de samedi dernier. RAJAOFERA Eugène |









