Arnaud Auguste Marius : « Christine Razanamahasoa a violé l’obligation de réserve sur la Place du 13 Mai » PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 22 Mars 2012 00:00

Le président du SMM ne manque pas d’arguments pour acculer la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa.

Le feuilleton Arnaud-Christine est loin d’être clos. Accusé par la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa de ne pas respecter l’obligation de réserve habituelle des magistrats, le président du SMM Arnaud Auguste Marius de riposter : « C’est la ministre Christine Razanamahasoa qui a violé l’obligation de réserve quand elle était à l’époque sur la place du 13 Mai. » Interrogé sur sa position professionnelle vis-à-vis du ministre de la Justice, le substitut du procureur de la République d’Antananarivo Arnaud Auguste Marius de répondre : « La subordination hiérarchique a des limites. » Le président du SMM de mettre les points sur les « i » : « Les magistrats en exercice ne doivent pas se mêler de la politique, certes, mais l’article 4 du statut du syndicat des Magistrats nous permet de veiller à l’indépendance de la Justice et au respect des lois en vigueur. A partir du moment où la Feuille de route est devenue une loi (Loi 2011-014), nous avons l’obligation de la faire respecter. D’ailleurs, la HCC a validé l’inclusion de cette Feuille de route dans l’ordonnancement juridique interne de notre pays. Ce qui explique notre souci sur l’application de cette loi. »

Ministre. Le président du SMM n’a pas manqué de riposter à l’affirmation de la ministre Christine Razanamahasoa selon laquelle il convoite sa place à Faravohitra. « Ce n’est pas  la première fois que la ministre Christine Razanamahasoa fait cette affirmation gratuite. Quand elle n’a pas pu prendre la parole comme elle aurait voulu aux assises sur l’indépendance de la Justice, elle a accusé les organisateurs de ces assises de convoiter sa place. Actuellement, la ministre récidive en m’accusant de vouloir sa place. Elle se trompe. Je ne pense pas  devenir ministre du régime en place. Je suis encore jeune. J’ai encore de l’avenir devant moi. D’ailleurs, je n’ai pas d’ambition politique. », rassure Arnaud Auguste Marius. Avant de revenir sur la résolution des assises de la Justice en dénonçant la mauvaise foi de la ministre Christine Razanamahasoa : « Jusqu’à présent, la ministre refuse de signer la résolution de ces assises. Elle a expliqué la théorie de contrat en affirmant qu’elle n’est pas liée par cette résolution pour la simple raison qu’elle n’est pas signataire. Pour le SMM, la ministre de la Justice veut continuer ses pratiques en voulant toujours la mainmise sur la Justice. Et si elle n’adhère pas à la résolution des assises, nous réclamons sa démission car nous n’avons pas non plus besoin d’elle. »

Ordre. De qui vient l’ordre de forcer le procès des individus impliqués dans l’affaire BANI ? s’interroge le président du SMM. Touchant mot à la lettre envoyée le 12 mars dernier à la SADC par la défense du Pr Raymond Ranjeva demandant à celle-ci de donner son interprétation sur l’article 16 et 32 de la Feuille de route, Arnaud Auguste Marius subodore un forcing commandité de quelque part. Le président du SMM de se poser des questions : Le Pr Raymond Ranjeva et consorts n’ont-ils pas les arguments fondés pour demander le renvoi du procès en attendant les réponses de la SADC sur l’interprétation de ces dispositions de la Feuille de route ? Les militaires impliqués dans l’affaire BANI n’ont-ils pas le droit d’être jugés par le tribunal militaire comme c’était le cas sur l’affaire Ratsimandrava ? Bref, Arnaud Auguste Marius, fraîchement reconduit à la présidence du SMM n’entend pas baisser les bras face à l’instrumentalisation flagrante de la justice.

Recueillis par RAJAOFERA Eugène

 

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