« Vice de forme » : L’invitation du SMM boycottée par la police PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 03 Février 2012 00:00

Au lieu d’assister à l’invitation du Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) - relative à la préparation de l’assise nationale sur la promotion de l’Etat de droit et de l’indépendance de la Justice - la police a décidé de donner un point de presse dans ses locaux à Anosy. « Nous, la police, renonçons à cette invitation pour quelques raisons. Primo, il n’y avait aucune invitation officielle. On nous a juste avisée verbalement de la tenue de cette séance. Il faut rappeler que la police est régie par un grand ministère et ce n’est pas de cette façon (verbale) qu’on devrait l’inviter. Secundo, nous subodorons encore une récupération politique derrière cette invitation. Tertio, si telle rencontre il y a, la présence de la Présidence comme facilitateur est souhaitée afin que les protagonistes de la crise ne soient juge et partie », selon le général de la police Macaire Rakotondravonona. Il a été assisté par de hauts responsables au niveau de la direction du ministère de la Sécurité publique, notamment le Directeur de cabinet, le Directeur de l’école nationale, le Directeur des informatiques, le Directeur de la police judiciaire,  le Directeur des ressources humaines, le Directeur des Affaires financières et de la logistique. Des présidents d’association de la police étaient également au rendez-vous durant cette conférence de presse. Sur l’éventuelle plainte contre le ministre de la Police, la même délégation d’hier trouve incompréhensible cette décision du SMM. « A quoi bon ? La famille du défunt ainsi que le ministère de la Justice ont déjà porté plainte et l’enquête est en cours. Ces deux plaintes doivent suffire», selon le Directeur de la police judiciaire. Par ailleurs, le même responsable explique que des mandats d’arrêts ont été émis contre d’autres policiers à Toliara. Ce boycott de la rencontre avec la SMM ne signifie-t-il pas une désobéissance de la police judiciaire aux magistrats qui devaient être son chef ? Un autre directeur de la police de riposter que les magistrats sont juste leurs chefs sur le plan judiciaire, rien d’autre. « La vie interne de la police, les magistrats n’ont rien à voir là-dessus. Il n’y a que les affaires judiciaires que nous devrons traiter avec eux. C’est dire que s’il y a une invitation informelle, qui plus est, émanant d’un syndicat, on a le droit de la refuser. Comme c’est le cas aujourd’hui. Ce n’est pas un syndicat qui nous (ministère) traite d’une façon pareille», explique ce responsable de la police. Deux mois après, le conflit généré par le meurtre d’un magistrat n’a toujours pas été résolu. Assise, vice de forme, limogeage, meurtre, mutinerie...presque chaque jour, la presse trouve un nouveau mot-clé sur cette affaire dont la résolution tarde à venir.

 Didi R.

 

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