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         Aujourd'hui, le 02-09-2010 l Parution N°: 8086






 
 
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Sécurité alimentaire. Fame et Ivan, à eux deux, ont causé d’importants dégâts dans le secteur agricole. Les trois prochains mois seront critiques et des mesures d’anticipation s’imposent.

Risque d’insécurité alimentaire élevé pour la partie Est

Dix jours après l’entrée du cyclone Ivan dans la Grande Ile, par la partie Est, les premières évaluations des dégâts n’annoncent rien de bon. Mais au-delà des besoins immédiats auxquels les autorités et les partenaires de Madagascar tentent d’apporter des solutions, les prochains mois s’annoncent critiques sur le plan de la sécurité alimentaire, notamment, dans les zones agricoles les plus touchées par le cyclone. D’après les données issues du BNGRC sur les évaluations des dégâts et des besoins, dans 4 districts de la partie Est de Madagascar, l’on craint « un risque d’insécurité alimentaire élevé pour les 6 prochains mois. La situation durant la période de soudure de mars-avril sera très critique. La 2è période de soudure de septembre-octobre risque également d’être difficile ».  Les 4 districts concernés sont Sainte-Marie, Vavatenina, Soanierana Ivongo et Fénérive-Est, où des solutions ont déjà pu être identifiées, à savoir la distribution des semences en riz irrigué (au plus tard à la fin du mois de février pour récupérer la grande saison, puis en juin, avant le début de la culture contre-saison) et en riz pluvial (septembre) ainsi que des semences maraîchages (avant le mois de mai) et de vivres (à partir de mars et ce, pour 6 mois). Les quantités de ces semences et vivres n’ont, toutefois pas été précisées. 

50.000 tonnes

Mais les véritables difficultés vont bien au-delà : les populations de ces zones où Ivan a fait le plus de dégâts, n’ont plus rien à espérer de leur saison agricole de cette année. Le riz étant le secteur le plus sensible et sur lequel dépend l’ensemble de la filière agricole, c’est vers la riziculture que tous les regards se tournent. Le grenier à riz de l’Alaotra Mangoro, le premier de Madagascar, n’ayant pas non plus été épargné par Ivan, on s’attend à une baisse de la production globale dans cette région. En effet, 15.000 hectares de rizières y sont  inondées ( 5.000 autres hectares dans d’autres régions de Madagascar). Et pourtant, 30% de la production rizicole nationale sont issus de l’Alaotra Mangoro.

Au niveau national, l’éventualité d’une véritable pénurie a déjà été écartée par le gouvernement, avec l’importation, à titre exceptionnel, de 50.000 tonnes de riz de l’Inde. Sur le marché local, le kilo du riz tourne actuellement autour de Ar 1300.

Du simple au double

Au-delà du secteur rizicole, pourtant, la situation n’est guère luisante, sachant que les autres activités agricoles ont subi les mêmes dégâts lors du passage d’Ivan. La situation est notée sur les principales surfaces agricoles de la Grande Ile. C’est ainsi que les cultures maraîchères n’ont pas tardé à enregistrer une hausse sur le marché, dès la semaine dernière. Brèdes, fines herbes et légumes, principales sources d’accompagnement du riz pour les Malgaches, n’y ont pas échappé. Les brèdes, plus particulièrement, sont hors de prix, avec une botte d’à peine trois tiges d’Anamamy vendue à Ar 200. Pour obtenir la même quantité, habituellement obtenue avec Ar 500, il faut désormais débourser Ar 1000. Un prix passant du simple au double, qui rend les consommateurs plus que perplexes.

Le chapitre de la sécurité alimentaire et de la hausse des prix des denrées alimentaires, sera donc d’actualité, au moins, pendant les trois prochains mois. Les activités de « récupération » de la saison, ont déjà commencé pour la plupart des agriculteurs. Il n’en demeure pas moins, que tout cela a un coût, qui se répercutera immanquablement sur les consommateurs.

Hanitra R.


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