MIDIRAMA : Le pouvoir face à une opposition beaucoup plus forte

A un peu plus d’un mois de la tenue du sommet du COMESA et à  deux mois et demi de celui de la Francophonie,  il est légitime de demander à la plus haute autorité de l’Etat, en l’occurrence au président de la République, Hery Rajaonarimampianina de lever le doute qui s’est insinué dans l’esprit de tous les observateurs. Le chef de l’Etat a donc tout fait pour assurer que ces grandes réunions internationales auraient bien lieu à Antananarivo aux dates prévues et que les préparatifs dans ce sens allaient bon train. Il a été très clair  lors des  interviews  données sur la chaîne de télévision TV5 Monde et sur les ondes de R.F.I. Les affirmations qu’il a réitérées à plusieurs reprises valent donc engagement et doivent maintenant balayer toutes les incertitudes engendrées par les retards pris dans différents travaux d’aménagement nécessaires des infrastructures. Les sommets auront bien lieu et ils se dérouleront dans des conditions satisfaisantes. C’est  toute la crédibilité de notre pays qui est en jeu sur le plan international. A l’extérieur, le chef de l’Etat fait tout pour asseoir l’image de Madagascar, mais à l’intérieur, il est confronté à une opposition de plus en plus combative.  En délaissant le ton conciliant qu’il avait adopté depuis son retour d’exil d’Afrique du Sud vis-à-vis du régime, l’ancien président Marc Ravalomanana a décidé de ne plus fermer les yeux sur les bévues des dirigeants. Quand on connaît  le crédit dont il jouit auprès d’une frange importante de la population, on se doute que le pouvoir  va connaître de nombreuses difficultés. Les premières escarmouches ont  commencé et vont se poursuivre jusqu’aux élections présidentielles de 2018. Le régime va devoir ouvrir un autre front contre le président de la transition dont les partisans annoncent  l’arrivée prochaine.

Sur  le plan international, les sujets brûlants ne manquent pas. La crise post électorale n’en est qu’à ses débuts, le Brésil et le Vénézuela s’enlisent eux aussi dans une guerre de tranchée entre  majorité et opposition, la trêve négociée par les Russes et Américains en Syrie a l’air de tenir et pourrait être prolongée.

Le bras de fer entre Bongo et Ping continue. Alors que Jean Ping et Ali Bongo ont décidé de déposer des recours à la Haute Cour Constitutionnelle, les deux camps s’accusent mutuellement de manœuvres d’intimidation. Le directeur de campagne de Jean Ping dénonce l’arrestation de deux militaires appartenant à l’entourage de ce dernier tandis que le pouvoir parle de harcèlement de ses partisans. Les chefs d’Etat africains sont divisés sur le choix du candidat à appuyer ;

Relations tendues entre le Brésil et le Vénézuela. Alors que le président vénézuélien Nicolas Maduro continue à faire face à une demande de révocation, l’ancien  président Lula est confronté à une accusation de corruption. Le premier est en train d’échapper à cette menace à  cause du report de la date du référendum devant décider de sa suspension, le second ne décolère pas devant cette tentative de l’éliminer de la vie politique. Les relations du Vénézuela avec le Brésil ont brusquement dégénéré, le pays de Nicolas Maduro décidant de rompre ses relations diplomatiques avec son puissant voisin après le « coup d’Etat »  de l’Assemblée nationale brésilienne.

Le régime du président Hery Rajaonarimampianina est plus que jamais à la croisée des chemins. Il doit réussir à surmonter tous les obstacles qui se dressent sur sa route. Il est mis en demeure d’assurer le succès des deux grands sommets internationaux qui vont avoir lieu chez nous. Il va devoir faire face une opposition autrement plus dangereuse que celle qu’il a connue jusqu’à présent. Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina sont maintenant décidés à ne plus ménager le pouvoir en place.

Patrice RABE

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