Un limogeage qui préfigure un changement de gouvernement

L’affaire d’Antsakabary à Befandriana Nord était une véritable bombe à retardement pour les dirigeants et avant qu’elle n’explose, le président de la République et son premier ministre l’ont désamorcé, en limogeant celui qui en avait allumé la mèche. Le renvoi de l’ancien ministre de la Sécurité publique était attendu car ses propos inconsidérés avaient déclenché une vague d’indignation qui aurait pu avoir de graves conséquences pour le pouvoir en place, lui-même. Cette mesure, pour spectaculaire qu’elle soit, ne résout cependant le problème qui se pose au chef de l’Etat et qui est bien plus profond.  Le système doit être profondément rénové et nécessite d’autres départs pour qu’il puisse fonctionner de manière efficace. Le doute qui s’est installé dans l’esprit des citoyens est profond et ne pourra se dissiper que si beaucoup de changements dans le mode de gouvernance sont opérés. L’opinion n’a jamais été aussi désabusée et elle ne croit plus aux effets d’annonce et aux belles paroles prononcées par les dirigeants. La communauté internationale qui a toujours apporté son soutien au régime actuel reste fidèle à ses engagements et veut que le processus démocratique engagé depuis 2013 se poursuive et qu’il aboutisse à des élections libres et transparentes. Cependant, beaucoup d’efforts restent à faire pour que la situation soit tout à fait normale.

 Sur le plan international, les sujets brûlants ne manquent pas. Le Proche-Orient est toujours les feux de l’actualité avec la reconquête laborieuse de Mossoul par l’armée irakienne. Malgré les difficultés rencontrées par les forces spéciales à cause de la résistance opiniâtre des hommes de DAECH, la ville est presque totalement reconquise. Sur le front syrien, il n’y a plus de combat et les pourparlers engagés entre les différentes parties ont permis d’établir un cessez le-feu-qui est respecté. Hafez El Assad semble maintenant le maître du jeu. Les Américains ont renforcé leur action contre DAECH après les directives du président Donald Trump. Ce dernier a annoncé qu’il renforcerait les moyens militaires des Etats-Unis en augmentant le budget de la défense de 50 milliards de dollars. Sur le plan intérieur, il continue à susciter la controverse en entrant ouvertement en conflit avec une grande partie de la presse. Il impose cependant son mode de gouvernance vaille que vaille. La France, en période électorale, n’a jamais connu d’élection présidentielle aussi mouvementée. Aucun analyste n’avait prévu la tournure que prendrait cette précampagne électorale.

Donald Trump commence à prendre ses marques. Le président des Etats-Unis, bon gré mal gré, a réussi à endosser le costume présidentiel. Son discours devant les membres du Congrès a été mesuré. Il a certes repris certains thèmes qui lui étaient chers, mais il a adopté un ton modéré. Les observateurs ont tenu à souligner qu’il avait enfin été digne de la fonction. Les manifestations d’opposants cependant continuent et les rapports de Donald Trump avec la presse ne se sont pas arrangés. Ses propos vis-à-vis des journalistes de CNN ou du New York Times sont toujours aussi durs.

François Fillon dans l’œil du cyclone. Il est de plus en plus isolé et ses amis politiques le lâchent un à un. François Fillon qui sera certainement mis en examen le 15 mars se dit décidé à ne pas lâcher prise. Malgré les appels au renoncement venant de toutes parts, il disait hier qu’il faisait confiance à ses électeurs. Les rappels des déclarations faites auparavant (« je ne me présenterais pas si j’étais mis en examen ») ne l’ont pas fait reculer. Il attend beaucoup du grand rassemblement qu’il va organiser, demain au Trocadero à Paris.

 La mise sur la touche d’un des ministres les plus controversés du gouvernement du premier ministre Olivier Mahafaly était nécessaire pour calmer l’opinion publique. Certains analystes pensent qu’il s’agit du signe annonçant le remaniement ou le changement attendu par tout le monde. Le moment est jugé propice pour donner une nouvelle orientation à l’action de l’équipe au pouvoir. Le chef de l’Etat semble se murer dans son silence sur ce sujet, mais le temps presse et il doit agir avant qu’il ne soit trop tard.

Patrice RABE

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