Les épreuves du régime : justice populaire et séquelles d’Enawo



Jacaranda

Le problème est récurrent. La justice populaire est une  pratique en train de se banaliser et l’annonce de lynchage de présumé criminel, même si elle choque, ne surprend plus l’opinion. Les personnes sensées en arrivent à se demander : comment en  est on arrivé là ? Madagascar, le pays du « fihavanana », est devenu celui de l’intolérance et de la vengeance bestiale. L’Etat ne peut pas se dédouaner de sa responsabilité dans cette frénésie de violence qui a gagné une couche importante de la société. Ceux qui sont victimes de vols suivis parfois de meurtres ne comptent plus sur l’Etat pour les protéger et se chargent d’appliquer la loi du talion. Les pouvoirs publics chargés de faire régner l’ordre sont totalement dépassés par les événements et tentent tant bien que mal de répondre par la fermeté pour rétablir l’ordre. Pour résoudre le problème, il faut plus que cela et il est nécessaire de rétablir la confiance entre les autorités et la population. Si les autorités sont empêtrées dans cette affaire de vindicte de populaire, elles doivent gérer aussi les conséquences du passage du cyclone Enawo dans le pays.  Les dégâts sont autant humains que matériels et les réponses apportées doivent être à la hauteur de la détresse des sinistrés. L’Etat a mobilisé nos partenaires internationaux et la réponse de ces derniers ne s’est pas fait attendre. Les membres du BNGRC sont à pied d’œuvre sur le terrain et ils font du bon travail. Dans un tout autre domaine et pour terminer, on ne peut que saluer l’élection d’Ahmad à la présidence de CAF. On doit  souligner cependant que, malgré  toutes les qualités qu’on lui prête, cette victoire est surtout due au désir des fédérations africaines de football de  se débarrasser d’Issa Ayatouh.

L’actualité internationale ne diffère pas tellement d’une semaine à l’autre. Les projecteurs sont toujours braqués sur la région proche orientale de la planète où la guerre menée contre DAECH par les forces irakiennes et syriennes sont toujours intenses. La reconquête de la ville de Mossoul par les troupes d’élite irakiennes se fait au prix de rudes combats. L’armée syrienne continue à avancer à Palmyre et affirme avoir chassé les djihadistes à l’extérieur de la ville. Mais la semaine a été marquée par le raid  aérien israëlien sur le territoire syrien. L’annonce de la perte d’un avion israëlien  a été démentie par Tsahal. La campagne électorale française reste toujours aussi mouvementée. Cependant, aucune tendance sérieuse ne se dessine. Emmanuel Macron et Marine Le Pen font la course en tête, mais leur avance peut être remise en cause à tout moment. Au Pays-Bas, le populiste Geert  Wilders  n’a pas réussi son pari de gagner les élections législatives. Il ne permet aux partis d’extrêmesdroites européens de voir un des leurs arriver au pouvoir. Aux Etats-Unis, Donald Trump a été une fois de plus mis en difficulté après l’opposition faite par plusieurs juridictions fédérales à l’application de son nouveau décret anti-immigration.

Dernière ligne droite avant le 1er tour des présidentielles françaises. Les parrainages de maires devaient être déposés au plus tard hier au Conseil constitutionnel. Les cinq favoris Macron, Le Pen, Fillon, Hamon et Mélenchon ont recueilli les cinq cent signatures d’élus et même plus pour certains. La campagne va s’accélérer lundi avec le débat organisé par TFI, mettant aux prises ces cinq candidats.

La situation à Madagascar est toujours aussi préoccupante, mais le pays ne va pas totalement à vau-l’eau. La population fait face courageusement aux épreuves qu’elle endure. La multiplication des actes de justice populaire donne à penser que l’Etat n’a plus les bases solides sur lesquelles elle peut s’appuyer. Encore une fois, on ne peut que répéter que l’avenir du pays n’est pas écrit.

Patrice RABE

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  • A C

    y-a-t’il un lien entre le titre (justice populaire, ENAWO), les élections françaises et la politique de Trump???? Si on pouvait tout simplement arrêter de se référer à la France, ce serait déjà un grand pas vers le retour à notre identité.