La fuite en avant du régime

Jacaranda

Pour la majorité des observateurs, qu’ils fassent partie du monde de la presse ou qu’ils ne soient que de simples citoyens, la montagne a accouché d’une souris. On s’attendait à une sorte de mini séisme au sein de l’appareil exécutif pour donner une nouvelle impulsion à son action. La réponse apportée par le chef de l’Etat ne semble pas avoir été à la hauteur des exigences d’une situation des plus périlleuses pour lui et pour son équipe. Il n’a procédé qu’à de petites retouches dans ce gouvernement qui suscite les critiques de tout le monde. On lui reprochait son déficit de communication, pour ne pas dire son mutisme après l’éclatement de cette affaire Claudine qui a éclaboussé son régime. Il a donc choisi un spécialiste capable de rendre coup pour coup aux attaques de la presse. Le nouveau ministre de la Communication n’est pas homme à s’embarrasser de subtilités pour répondre aux détracteurs même si ce que disent ces derniers sont fondés. Une partie de la  profession s’attend donc à une mise au pas musclé de la part de cet ancien confrère. Certains analystes parlent d’une fuite en avant du pouvoir qui ne veut pas se remettre en question et qui n’a pas l’intention d’assainir le système qu’il a mis en place. Les propos tenus par le président de la République sont toujours les mêmes : il ne veut pas répondre aux critiques qui lui sont adressées et parle de la qualité de son silence. Les commentaires qui ont suivi ce mini remaniement n’ont pas été tendres, la déception le disputant à une certaine rancœur vis-à-vis du régime.

Sur le plan international, les sujets brûlants n’ont pas varié. Le Moyen Orient est toujours au centre de l’actualité avec la poursuite de la reconquête des forces spéciales syriennes et irakiennes des villes tenues par l’Etat Islamique ; La tension est toujours aussi vive entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, mais l’escalade verbale entre les deux parties a cessé. La situation au Venezuela peut dégénérer après le bras de fer entre les partisans du président Nicolas Maduro et ses opposants décidés à ne pas se laisser faire. Mais le monde entier aura, ce week-end, les yeux braqués sur la France où les électeurs vont voter pour le premier tour de l’élection présidentielle. Jamais un scrutin n’aura suscité autant d’incertitude. Les chefs d’Etat des grandes puissances le suivent avec un certain intérêt. Ce vote se déroulera sous haute surveillance après l’attentat terroriste qui a eu lieu avant-hier sur les Champs Elysées.

Un premier tour où règne l’incertitude. Le scrutin de cette élection présidentielle française sera historique car jamais sous la cinquième république, n’aura régné pareille incertitude la veille d’un premier tour. Les quatre candidats qui peuvent accéder au second tour sont pratiquement au coude à coude. Les électeurs sont partagés, certains d’entre eux affirment qu’ils n’opéreront leur choix qu’à l’entrée de l’isoloir. Les commentateurs n’osent plus faire de pronostics car ils ne veulent pas se fier aux sondages. On peut cependant dire qu’Emmanuel Macron a une légère avance sur les autres. A Madagascar, la communauté française est elle aussi partagée et personne n’ose se hasarder à parler de tendance en matière de vote. Le rendez-vous que tout le monde se fixe est celui de demain soir à 20h où seront annoncés les noms des deux candidats qui accéderont au second tour.

 L’affaire Claudine reste toujours très présente dans l’esprit de tous les observateurs de la vie politique malgache. La réaction du chef de l’Etat était très attendue. Elle est venue, mais elle n’a pas convaincu tout le monde. Elle ne dissipe pas tous les doutes qui planent sur le régime. On a l’impression d’une véritable fuite en avant.

Patrice RABE

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