Une atmosphère de plus en plus délétère

Jacaranda

Le feuilleton de l’affaire Claudine Razaimamonjy est loin d’être terminé. Elle aurait pu être close après la parution dans certains organes de presse de la photo de la dame sur son lit d’hôpital, mercredi dernier. Mais ce reportage fait par certains confrères ne lève pas tous les doutes sur le véritable état de santé de la conseillère spéciale. Néanmoins, prenons acte du fait qu’elle est alitée et qu’elle occupe bien la chambre 126 dans le service de neurochirurgie. Cela ne peut pas, cependant, stopper la poursuite des procédures qui ont été enclenchées depuis le début de cette affaire. La publication de ces articles n’a pourtant pas arrêté les interpellations des membres du SMM qui ne veulent pas se fier aux apparences et sont décidés à procéder à des vérifications. Les mises en garde du Conseil Supérieur de la Magistrature ne semblent pas arrêter cette volonté de découvrir la vérité. Cette affaire est une épine dans le pied du pouvoir qui voudrait bien s’en débarrasser. Elle alourdit un climat social qui se détériore de plus en plus. La population est arrivée à la limite de ce qu’elle peut supporter. L’expression « lutte pour la survie » n’est plus un euphémisme après le train de hausses qui est survenu ces derniers temps. Les Malgaches ressentent profondément cette dure réalité dans leur vie quotidienne. La Banque Centrale traduit dans son rapport cette dégradation inquiétante de la situation économique. Tout l’environnement social en pâtit. La pauvreté n’a jamais été aussi importante et elle déteint sur le comportement des individus. Les attaques à mains armées ont tendance à se banaliser et le sentiment d’insécurité n’a jamais été aussi élevé. Dans ce contexte, le manque de réaction du pouvoir ne fait qu’accroître la défiance des citoyens à son égard. Certains analystes affirment que toutes les conditions sont réunies pour que survienne une explosion sociale. Les quotidiens de la place ne cessent de prévenir les autorités de ce risque. Les journalistes qui se sont retrouvés lors de la célébration de la journée mondiale de la presse ont réaffirmé leur volonté d’être des témoins lucides de la situation actuelle. Cette semaine a vu également la disparition de grandes figures de notre profession . Christian Chadefaux a fait partie de ceux qui ont marqué de son empreinte le journalisme malgache. Au sein des journaux où il a travaillé, on louait autant ses qualités professionnelles qu’humaines. Il a été le collègue de Roland Ramboatiana qui nous a quittés, lui aussi cette semaine.

Sur le plan international, les sujets qui ont focalisé l’attention des médias ne manquent pas. Donald Trump a remporté l’un des premiers grands succès de son mandat, en faisant voter par le Congrès sa réforme sur la santé remplaçant l’Obamacare. La tension est toujours aussi forte au Venezuela où Nicolas Maduro essaie de faire passer en force une réforme de la constitution. Les heurts des partisans de l’opposition avec les forces de l’ordre sont quotidiens. Mais c’est le deuxième tour de l’élection présidentielle française qui dominera l’actualité ce week-end.

Le sort de la France et des Français en jeu. Le monde entier va retenir son souffle ce week-end. Le suspense durera jusqu’à demain soir 20h heure française où l’on connaîtra enfin le nom du nouveau président de la République française. Le débat entre les deux candidats a déçu beaucoup de monde. La confrontation entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a été d’une piètre qualité à cause de l’attitude de la première qui n’a pas cessé de provoquer son adversaire. Mais, tous les avis concordent : cette émission n’influera pas sur le résultat de ce deuxième tour. Le leader du mouvement « En Marche » devrait l’emporter sur sa rivale qui n’a pas réussi à convaincre.

La légendaire résignation des Malgaches ne va peut être pas durer longtemps devant l’avalanche d’épreuves auxquelles ils sont confrontés. L’environnement dans lequel ils évoluent est de plus en plus malsain. Le manque de réaction du pouvoir face à leurs difficultés peut provoquer un vent de révolte. En ce mois de mai, l’atmosphère est de plus en plus délétère.

Patrice RABE

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