Un dialogue de plus en plus difficile avec le pouvoir



Jacaranda

Le projet de révision constitutionnelle occupe toujours une place importante dans l’actualité nationale. L’intention des membres de l’équipe au pouvoir se précise de plus en plus et malgré les fortes réticences de la majorité de la classe politique et de la société civile, l’idée de procéder à ces retouches fait son chemin. Les interventions médiatiques des partisans du régime expliquant le bien fondé de cette démarche se multiplient et montrent que le processus va bientôt être enclenché. L’annonce faite par un député pro régime de la dotation de véhicules tout terrain à ses collègues de l’Assemblée nationale a éveillé la curiosité des observateurs. Les explications avancées par ce parlementaire sur les modalités de leur acquisition ont été confuses. Les commentateurs ont vite fait de rapprocher cette nouvelle du possible passage du projet de révision de la Constitution au parlement et d’une tentative de s’attirer les bonnes grâces des députés. Pour le moment, aucune décision n’a été prise, mais l’artifice utilisé ne trompera personne si cela se confirme.

L’atmosphère sociale s’est, cette semaine, alourdie avec l’entrée en grève illimitée des magistrats et des greffiers. La détermination de ces derniers a indisposé le pouvoir et la réaction de ce dernier ne s’est pas fait attendre. Les forces de l’ordre ont été réquisitionnées par les autorités qui ont investi le palais de Justice d’Anosy pour permettre l’entrée des non-grévistes. Les membres du SMM et du syndicat des greffiers ont énergiquement protesté contre cette utilisation de l’EMMOREG et ont indiqué que cela n’entamait pas leur volonté de poursuivre leur mouvement. Nul ne sait l’issue de ce bras de fer qui a été entamé entre les deux parties. Néanmoins, à Antananarivo, on a noté hier une certaine accalmie à Anosy.

Sur le plan international, la crise ouverte par la Corée du Nord n’a pas connu de véritables rebondissements. Le leader nord-coréen n’a pas adouci ses propos vis-à-vis des Etats-Unis et du président Donald Trump. Pour le moment, on en est resté aux invectives lancées la semaine dernière par les deux chefs d’Etat. On sent que la Chine et la Russie sont en train de peser de toutes leurs forces sur le plan diplomatique pour tempérer l’ardeur belliqueuse des deux protagonistes. Le locataire de la Maison Blanche est toujours aussi impétueux, mais il ne peut pas aller à l’encontre des réticences manifestées par une opinion publique hostile et d’une partie importante de sa majorité républicaine. Il n’a pas pu faire voter l’abrogation de l’Obama care. Cette semaine, il a signé un décret, interdisant l’entrée de ressortissants de plusieurs pays musulmans. Cette interdiction a été élargie aux Tchadiens qui ont manifesté leur incompréhension à propos de cette décision.

La situation se tend de plus en plus en Catalogne à l’approche du référendum organisé par les autorités régionales sur l’indépendance de la province. Le pouvoir central a multiplié les gestes d’intimidation envers les responsables politiques. L’arrestation de plusieurs dirigeants et l’envoi sur place de plusieurs milliers de policiers n’ont pas fait baisser la tension qui va crescendo.

En France, le président Emmanuel Macron se heurte à la réaction de plusieurs catégories socio-professionnelles à la suite des différentes réformes que son gouvernement est en train de mettre en place. La signature des ordonnances sur le code du travail a jeté plusieurs milliers de personnes dans la rue. Les routiers leur ont emboîté le pas. Avant-hier, ce sont les retraités qui ont manifesté leur mécontentement.

Le climat socio politique est en train de s’alourdir lentement et sûrement. Entre projet de révision de la Constitution et grève des magistrats et des greffiers, l’opinion semble s’être fait une opinion sur le régime. Ce dernier est décidé à ne pas céder devant la contestation. Le débat est ouvert, mais aucune place au dialogue n’est laissée à aux contradicteurs.

Patrice RABE

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