MIDIRAMA : Une précampagne qui ne dit pas son nom



Jacaranda

C’est une longue suite d’agressions et de kidnappings que la communauté karana subit depuis plusieurs années, mais malgré les assurances des autorités malgaches, ses membres vivent dans la crainte de tomber dans une embuscade comme cette semaine. Dans les différentes affaires qui ont défrayé la chronique ces derniers temps, on a constaté une certaine opacité qui empêche de connaître la réalité des faits. Les journalistes doivent donc se contenter d’informations fragmentaires à cause du mutisme des familles touchées. Ils se contentent donc d’effleurer le problème. Les pouvoirs publics peuvent ainsi se réfugier derrière l’excuse du manque de collaboration des proches des victimes. On est tenté de faire un rapprochement entre la tentative de rapt de la jeune étudiante qui a eu lieu la semaine dernière et l’attaque de tueurs à moto sur l’individu qui a été grièvement blessé. Mais comme d’habitude, les responsables des forces de l’ordre affirment que l’enquête suit son cours. C’est une actualité plus souriante qui a été également rapportée par la presse cette semaine. La distribution de kits scolaires par le régime aux collégiens de la Capitale et de ses environs a été l’occasion pour ce dernier de se mettre en valeur. Cette manifestation, même si cela n’est pas dit ouvertement, fait partie de cette précampagne électorale qui a commencé longtemps à l’avance. L’inauguration du pont de Farahantsana et du site d’une nouvelle centrale hydroélectrique entre dans ce cadre.

Sur le plan international, c’est l’éviction en douceur d’un Robert Mugabe au pouvoir depuis 37 ans qui a surpris les médias du monde entier. Celui qui semblait inamovible a été placé en résidence surveillée par le chef d’Etat-major de son armée. Mais aux dernières nouvelles, il a refusé de démissionner, mettant dans l’embarras les instigateurs de cette destitution. Ce coup de force semble avoir été dirigé contre Grace, l’épouse du président que contre ce dernier. Jacob Zuma, qui est un de ses amis les plus proches, a envoyé des émissaires pour servir de médiateurs dans la crise en train de s’installer.

Au Proche Orient, c’est ce qu’on appelle l’affaire Saad Hariri qui retient l’attention de tous les spécialistes de cette région du monde. Le Premier ministre libanais qui a le 4 novembre dernier annoncé sa démission lors de son voyage en Arabie Saoudite a provoqué la consternation de tous les leaders politiques de son pays. La plupart des commentateurs ont affirmé qu’il avait subi des pressions de la part du prince héritier Mohamed Ben Salmane et que cela entrait dans le cadre de la rivalité de son pays avec l’Iran. Le président Emmanuel Macron lors de son déplacement dans la région du Golfe a rencontré le prince et a apparemment réussi à dénouer la crise. Le Premier ministre va être accueilli en France aujourd’hui .Après l’euphorie qui a régné après la signature de la COP21, la COP22 et cette année la COP 23 semblent s’être déroulées dans un esprit plus réaliste. Le retrait des Etats-Unis de l’accord a, dans un premier temps, provoqué une certaine amertume, mais les participants à ces conférences se sont vite ressaisis. Le reste du monde est plus que jamais décidé à aller de l’avant. Le président Emmanuel Macron s’est dit prêt à impulser le mouvement.

C’est une équipe de campagne en ordre de marche qui est en train de réaliser le plan qu’elle a élaboré pour que son candidat soit réélu. Le président de la République a commencé à faire ses inaugurations et à montrer les réalisations du régime. Pour le moment, le front est entièrement dégagé devant lui, l’opposition étant devenue totalement muette. La précampagne est bien entamée et les actions de propagande vont aller crescendo dans les jours voire dans les mois à venir.

Patrice RABE


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