Un régime au pied du mur


Bmoi

Jacaranda

C’est un véritable casse tête auquel le régime est aujourd’hui confronté : essayer de faire miroiter un avenir prometteur alors que les Malgaches sont confrontés aux pires difficultés dans leur vie quotidienne. Parler des projets qui seront réalisés en 2018 s’apparente pour la population à de la provocation quand cette dernière voit le train de hausse actuel. Les responsables font pour le moment profil bas et tendent le dos devant le torrent de récriminations proférées par les citoyens. Ils sont en train d’essayer de trouver des solutions pour apaiser cette colère en train de monter. Les critiques sont sévères, mais elles traduisent un désespoir tout à fait justifié. L’immense majorité des Malgaches ne vit plus. Et pire, elle n’arrive même plus à survivre car ses revenus sont devenus insuffisants. Jusqu’à présent, le régime tablait sur une certaine résignation de la population, mais la situation est de moins en moins tenable. La pression a déjà été exercée sur les opérateurs pétroliers, mais nul ne sait si elle sera suffisamment efficace pour stopper la hausse des prix des carburants qui devrait survenir le mois prochain. Tout le monde attend les mesures qui vont certainement être prises pour remédier à cette inflation non maîtrisée. La précampagne du camp présidentiel risque d’avoir des résultats différents de ceux escomptés si des solutions ne sont pas vite trouvées pour atténuer les difficultés de la vie quotidienne. Ces problèmes sont primordiaux et le pouvoir va certainement s’y atteler de manière prioritaire. Dans le même temps, il a décidé d’assouplir sa position à propos des lois électorales puisqu’il affirme être ouvert à la concertation. Le Premier ministre est prêt à établir un dialogue avec toutes les parties prenantes. On ne sait pas ce qui en résultera, mais c’est déjà une étape encourageante qui a été franchie.

Sur le plan international, c’est le tir de missile intercontinental auquel la Corée du nord a procédé qui focalise l’attention de tous les observateurs. Une nouvelle étape a été franchie par Kim Jung Un et la condamnation a été unanime. Le tweet de Donald Trump a, comme d’habitude, été outrancier, mais son entourage a préféré faire preuve de plus de retenue. Le Conseil de Sécurité qui s’est réuni peu après a décidé de renforcer ses sanctions. La Chine qui est alliée de la Corée du nord a cette fois haussé le ton et adressé à cette dernière une sévère mise en garde. Les analystes affirment que le leader nord coréen ne désire pas d’escalade, mais poursuit un plan bien précis. Il désire être pris au sérieux par la communauté internationale. Une spécialiste des questions nord coréennes a dit que ce dernier n’est pas un fou furieux, mais que son attitude est tout à fait rationnelle.

La semaine a été aussi marquée par la tenue du sommet Union Africaine-Union Européenne. Le président français Emmanuel Macron y a participé, mais il a auparavant fait une mini tournée africaine qui l’a menée au Burkina Faso et au Ghana. Il y a exposé la manière dont il conçoit les rapports entre la France et l’Afrique. Son discours devant les étudiants de l’université d’Ouagadougou a été apprécié par son auditoire. C’est un président sans complexe et au ton très direct qui a dialogué avec ces jeune universitaires. A Abidjan où se tenait le sommet de l’Union Africaine, la question de l’esclavage des migrants en Libye a été soulevée. Les participants ont demandé au gouvernement libyen d’intervenir. Aucune opération militaire venant de l’extérieur n’aura lieu.

Le régime malgache est aujourd’hui obligé de trouver des solutions aux problèmes de survie d’une population au bord du désespoir. Il est au pied du mur. C’est un challenge qu’il est obligé de relever si, comme il l’affirme, il se soucie de l’avenir de cette dernière. Le président Hery Rajaonarimpianina aspire à briguer un nouveau mandat. Les actions qui vont être menées vont conditionner la suite de la campagne électorale à venir.

Patrice RABE

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