Un président fier du bilan de son quinquennat



Jacaranda

C’est un discours au ton convenu que le président Hery Rajaonarimampianana a prononcé lors de cette grand- messe d’Iavoloha. Il fut finalement sans surprise, avec des thèmes tout à fait classiques. L’auguste assemblée réunie dans la grande salle du palais a pu écouter un bilan de ses quatre années de présence à la tête de l’Etat. Comme il fallait s’y attendre, il en fit un compte rendu plutôt flatteur, en insistant sur les projets lancés en 2017 et en mettant le manque de résultats des trois années précédentes sur le compte des séquelles de la gestion de la Transition. Les propos tenus s’adressaient bien sûr à la population avant l’élection présidentielle qui, a-t-il assuré, aura bien lieu cette année. Des différentes allocutions prononcées, on ne retiendra rien de particulier. La présentation par le Premier ministre des différentes réalisations du régime ressemble à un avant-goût de ce que le président candidat dira lors de la campagne électorale. Le doyen du corps diplomatique, comme il est de coutume, n’a pas manqué d’apporter des nuances à ce tableau idyllique d’un pays aux énormes potentialités qui aspire à rejoindre le club des nations émergentes. On ne sait pas si les Malgaches ont eu à cœur de suivre à la télévision ou à la radio cette cérémonie se déroulant en pleine saison cyclonique. L’entrée sur le territoire du cyclone tropical Ava, hier matin, les a bien plus préoccupés avec les précipitations abondantes qu’il a amenées et les dégâts qu’il a occasionnés. La côte Est et, en particulier, la région de Toamasina ont été durement touchées. La Capitale a, elle aussi, vu ses bas quartiers inondés et les sinistrés ont commencé à s’installer dans des abris de fortune. Dans ce contexte, les difficultés de la vie quotidienne ne font qu’empirer, éprouvant encore un peu plus des citoyens mal en point. Ces derniers ne semblent d’ailleurs plus s’intéresser à une actualité politique qui ne va pas tarder à s’emballer avec l’ouverture prochaine de la campagne électorale. Les controverses ont déjà commencé, mettant à mal cet esprit de dialogue mis en avant par le régime.

Sur le plan international, c’est la poussée de fièvre contestatrice ayant gagné l’Iran qui a suscité l’intérêt des médias occidentaux. Les manifestations populaires ayant eu lieu dans différentes villes du pays ont été réprimées par les forces de sécurité et n’ont finalement pas réussi à ébranler le régime du président Hassan Rohani. Ce sont les partisans du pouvoir qui sont descendus dans la rue, hier et avant-hier, clamant leur soutien au chef de l’Etat. Cette révolte des « va-nu-pieds » comme le qualifie le sociologue Farhad Khorokhavar réjouit Donald Trump qui a promis de soutenir le mouvement de contestation. Moscou a cependant mis en garde Washington contre toute intervention dans les affaires intérieures de l’Iran.

Alors que la tension monte au Proche-Orient, l’Asie du Sud- est est en train de voir le risque confrontation entre la Corée du Nord et ses voisins décroître. Après le discours martial de Kim Jong Un le 1er janvier, on apprend que des pourparlers de paix vont s’engager entre les deux pays. Pyongyang envisage même d’envoyer des athlètes participer aux Jeux Olympiques d’hiver qui vont avoir lieu à Séoul.

En France, le président Emmanuel Macron connaît un regain de popularité. Le dernier sondage d’opinion le crédite d’une cote de popularité de 52%. Celui qui avait été qualifié de « président des riches » est qualifié par les Français de « président sympathique, dynamique, compétent, qui sait où il va ». Il a affirmé que le rythme des réformes ne va pas faiblir durant l’année 2018.

C’est un début d’année plus morose que jamais que la population malgache connaît. Le discours du président de la République qui se voulait optimiste n’a pas réussi à dissiper ce mal vivre qui persiste malgré toutes se déclarations. La grand-messe d’Iavoloha a renforcé l’image d’un chef d’Etat voulant tourner la page d’un début de quinquennat peu glorieux pour regarder vers l’avenir. Il est maintenant prêt à se lancer dans une bataille électorale qui sera rude.

Patrice RABE

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2 Comments - Write a Comment

  1. Comment peut-il être fier devant le malheur et la pauvreté qui frappent de plein fouet le peuple malgache?
    Tous les indicteurs socio-economuques sont figés au rouge,
    Et pour ne citer que ce qui se passe à Toliara chef lieu de province, dans laquelle la population est privée d’eau potable depuis novembre 2017 et jusqu’à ce jour janvier 2018.
    Le sait-il? Et parallèlement dans cette même cité, il inaugure une pizzeria,
    Est-ce, cela une bonne gouvernance?

  2. · Edit

    Tsy matahotra an Atra sy ny razana ilay io fa dia mbola mandainga lava izao mba hamalifaliana an dra X e

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