Les rivalités au sein du pouvoir étalées au grand jour



Jacaranda

C’est un mini drame qui a eu lieu cette semaine avec cette tentative de mise à l’écart du Premier ministre en déplacement à l’extérieur. La publication du décret de son intérim par le ministre Benjamina Ramanantsoa après le conseil de gouvernement de mardi dernier , a provoqué une tempête médiatique qui aurait pu  causer une véritable crise au sein du régime. Mais la réaction du chef du gouvernement a très vite mis fin aux supputations de ses adversaires. Son intervention sur une station de radio privée et les propos de son directeur de cabinet ont éteint toutes les velléités de déstabilisation initiées par des personnalités du régime. L’accueil qui lui a été réservé à Ivato avant-hier montrait qu’il avait  redressé la situation et qu’il tenait ferme les rênes de son gouvernement. Ce qui s’est passé cette semaine illustre parfaitement  ces rivalités qui  sont en train de miner le régime actuel de l’intérieur. Jusqu’à présent, le Premier ministre et les membres du parti HVM  n’avaient cessé d’affirmer qu’il n’existait aucune dissension  au sein de l’exécutif, mais maintenant, cette mésentente ne peut plus être cachée et elle est étalée sur la place publique.

Cette semaine fut celle de la commémoration de la tuerie du 7 février. Il n’y a eu aucune cérémonie officielle, les parents des victimes de ce drame et les membres du MAPAR procèdent seuls à des dépôts de gerbe devant le palais d’Ambohitsorohitra. Neuf ans après, le régime semble ne pas  vouloir  réveiller des ressentiments dont il pourrait aussi pâtir car il existe beaucoup de zones d’ombre dans le déroulement de ces tristes événements.

Le corps des journalistes s’est dressé contre la mise en place d’un comité de délivrance des cartes professionnelles dont les membres ont été désignés par le ministre de la Communication.  Devant le tollé suscité,  ce comité a été dissout et sera remplacé par un autre composé des représentants de toutes les entités de la presse  malgache.

Sur le plan international, l’accalmie que l’on aurait pu espérer sur le front syrien après la défaite de DAESH  n’a duré que quelques jours. Le régime de Bachar Al Assad a décidé de reprendre son offensive contre les forces rebelles dans le nord du pays. Des bombardements d’une violence inouïe ont été opérés par l’aviation syrienne, provoquant la mort de nombreux civils. Cette escalade a provoqué une réaction très ferme de la France qui, par l’intermédiaire de la ministre de la Défense Florence Parly, a exprimé sa grave préoccupation et a demandé leur arrêt. Elle demande en outre une réunion d’urgence du conseil de sécurité sur cette question. La  Turquie a, elle aussi, décidé d’attaquer les Kurdes de Syrie à Afrine dans le nord du pays. Cette dernière veut sécuriser sa frontière et s’en prend aux membres du parti de l’union démocratique (YPD), accusés d’être la branche syrienne du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), formation séparatiste kurde de Turquie.

En Egypte, le président Al Sissi semble se diriger vers une victoire  sans partage  à la prochaine élection présidentielle. Les candidats sérieux se désistent les uns après les autres. Un challenger s’est présenté, mais il ne semble servir que de faire valoir car il est lui-même un  partisan du chef de l’Etat.

En France, le président Macron ne semble pas affecté par les turbulences que traverse son régime en ce moment. Son déplacement en Corse et sa réaction ferme face aux nationalistes ont été jugés positifs par l’opinion comme l’indique le dernier sondage d’opinion. Les réformes continuent à un train soutenu et le gouvernement d’Edouard Philippe réussit  à désamorcer les réactions hostiles qui surviennent ici et là.

Les masques commencent à tomber au sein du régime. La tentative de déstabilisation du Premier ministre n’est qu’un des épisodes de la guerre sourde que se livrent différentes factions au sein du pouvoir. Ceux qui sont à l’origine de la  manœuvre ont cru leur heure arrivée, mais le chef du gouvernement  ne s’est pas laissé faire. On sait que ses adversaires n’auront pas sa peau aussi facilement.

Patrice RABE


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