MIDIRAMA : Tentative de remobilisation du régime



Jacaranda

En décidant de se remobiliser lors d’un « Team building » à la résidence présidentielle de Mantasoa, le président Hery Rajaonarimampianina et son équipe montrent clairement leur volonté de valoriser les actions que le régime va entreprendre. Jusqu’à présent, l’image renvoyée par le régime était celle d’un attelage tirant à hue et à dia, l’exécutif étant tiraillé par les dissensions entre ses membres. L’effet sur l’opinion, ces derniers temps, a été désastreux et sa cote de popularité qui n’était pas très élevée a chuté de manière encore plus spectaculaire. A quelque mois du premier tour de l’élection présidentielle, il lui était indispensable de se ressaisir. A l’issue de cette réunion, des résolutions ont été prises et on a appris qu’il était nécessaire de montrer à la population les résultats de l’action gouvernementale. Pour ce faire, il fallait constituer une équipe performante qui devrait être constituée des meilleurs éléments. On ne sait pas si cette volonté d’aller de l’avant aura des effets bénéfiques sur le terrain, mais la population, pour le moment, continue d’éprouver de nombreuses difficultés dans sa vie quotidienne. Les impairs commis ces derniers temps ne plaident pas en faveur du régime. Ce dernier garde un œil sur l’entrée en lice d’Andry Rajoelina dans l’arène politique. Sa campagne de communication ne fait que commencer et les critiques qui commencent à fuser dans la presse favorable au régime sont encore assez timides, contrairement au pilonnage opéré contre Marc Ravalomanana.

Sur le plan international, c’est l’Afrique du Sud qui attire l’attention, en cette fin de semaine. La démission de Jacob Zuma, empêtré dans ses affaires de corruption, montre l’excellente santé de la démocratie sud-africaine. Le président qui était décidé à rester au pouvoir coûte que coûte a cédé devant la pression de son parti conjuguée avec celle de l’opposition. L’ANC a ainsi pris les devants pour empêcher une déroute électorale annoncée par les commentateurs lors des prochaines échéances électorales. Le leader du parti, Cyril Ramaphoza, le n°2 de l’ANC, lui succède à la tête du pays.

La guerre qui continue à faire rage dans le nord de la Syrie et qui oppose les forces gouvernementales aux rebelles du FDS a pris un nouveau tournant après la mort de nombreux Russes lors du bombardement par l’aviation de la coalition d’une colonne armée se dirigeant vers un site gazier aux mains des rebelles. L’embarras de Moscou est évident car le Kremlin a affirmé qu’il n’y avait pas de troupes officielles sur le front.

En Israël, le premier ministre Benyamin Netanyahou se trouve en mauvaise posture après l’annonce d’une possible inculpation dans une affaire de corruption. Les résultats de l’enquête menée par le chef de la police sont sans ambiguïté et c’est le procureur qui va décider du sort de ce dernier. Néanmoins, le chef du gouvernement a adopté un ton très offensif pour réfuter ces accusations et a affirmé qu’il ne démissionnerait pas.

Le régime s’aperçoit que le temps lui est compté et qu’il lui faut à tout prix redorer son image auprès de l’opinion. Après les couacs enregistrés ces derniers temps, l’équipe gouvernementale s’est remobilisée et affirme que tout sera fait pour montrer les résultats de la politique qui est menée. L’ambition est louable, mais c’est la réalité du terrain qui devrait permettre de la juger. A six mois de l’élection présidentielle, l’avenir n’est pas encore écrit.

Patrice RABE


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