MIDIRAMA : Entrée de plein pied dans la période électorale



Jacaranda

C’est à une nouvelle donne qu’est confronté le régime depuis le week-end dernier. Le retour sur la scène politique malgache d’Andry Rajoelina le force à trouver des parades aux propositions de l’ancien président de la Transition. En fait, c’est sur la forme plutôt que sur le fond que ce dernier a pris un certain avantage lors de son émission télévisée. Il n’a pratiquement rien dévoilé sur cet IEM qui doit faire sortir Madagascar de la crise où elle est enfoncée, mais il a su trouver les mots et le ton adéquats pour lancer sa campagne d’information en vue des présidentielles. Le parti au pouvoir doit donc maintenant revoir toute sa stratégie pour arriver à contrecarrer l’offensive de cet adversaire qui s’avère dangereux. Jusqu’à présent, le camp du chef de l’Etat pouvait faire ce que bon lui semblait puisqu’il était assuré de ne pas être contredit. Il se trouve dans la position inconfortable de celui qui ne sait pas ce qui va être dit en face. Les arguments qui sont développés par la presse favorable au régime ne sont pas d’une grande finesse, mais c’est de bonne guerre. A quelques mois de l’élection présidentielle, le pouvoir semble s’être réveillé puisqu’une session extraordinaire du parlement va commencer mardi prochain. Plusieurs projets de loi vont être examinés, dont ceux relatifs au code électoral. La présentation de l’IPC ou Indice de Perception de la Corruption par Transparency International replace sur le devant de la scène, cette corruption que l’on ne peut plus minimiser et qui est une véritable plaie de notre société. Les propos du chef de l’Etat sur la lutte contre la corruption n’ont pour le moment aucune incidence sur l’ampleur du phénomène et il va falloir beaucoup d’efforts pour essayer de redorer l’image de notre pays.

Sur le plan international, c’est toujours la tragédie vécue par les habitants du fief rebelle de Ghouta orientale en Syrie qui émeut l’opinion internationale. Le régime écrase sous les bombes cette enclave qui lui résiste. C’est la population civile qui en fait les frais. Malgré les centaines de morts et de blessés, Bachar Al Assad n’a pour l’instant aucune intention de stopper ses frappes fait en coordination avec son allié russe. Le ministre des Affaires étrangères français Jean Yves Le Drian a lancé un appel solennel au Raïs syrien pour qu’il arrête l’escalade actuelle. Cette intervention a eu lieu avant une réunion du Conseil de Sécurité, devant décider d’une trêve sur le terrain.

Aux Etats-Unis, c’est une fois de plus la question de la vente des armes sans aucune restriction qui est posée après la tuerie dans un lycée de Floride. Il s’agit de la 291e fusillade dans une école depuis 2013 et l’émotion est à la mesure de l’acte perpétré par ce jeune homme déséquilibré. Le débat est relancé et le cri de colère des parents des victimes devrait faire changer les positions des parlementaires américains. Le président Donald Trump, quant à lui, ne veut pas se dédire et préfère demander aux enseignants de s’armer pour prévenir ce genre d’incident tragique. La NRA, le puissant lobby des armes, préfère dénoncer « la politisation honteuse » de cette tuerie.

Le pays va entrer de plein pied dans la période électorale. Ce n’est que le début des escarmouches et des petites phrases sensées déstabiliser ses adversaires. Les semaines, voire les mois à venir nous réservent des surprises. On peut rêver et espérer un débat  intéressant d’idées, mais on devrait plutôt craindre les coups bas.

Patrice RABE

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