Dans l’attente du réveil de la classe politique



Jacaranda

A un peu plus de neuf mois de l’élection présidentielle, on sent un véritable frémissement dans le monde politique malgache. L’entrée en scène d’Andry Rajoelina dans le débat a réveillé ce milieu dont les membres paraissaient résignés à subir l’ascendant des partisans du pouvoir. On peut penser à ce qu’on veut des propositions de l’ancien président de la Transition, mais il a forcé l’équipe de l’actuel chef de l’Etat à réagir. On imagine sans peine que l’état- major HVM est en train de revoir toute sa stratégie pour ne pas se laisser déborder par ce concurrent très sérieux. L’offensive a commencé à Toliara où le président de la République a commencé sa campagne d’explication de son « Fisandratana vina 2030 ». Les méthodes utilisées par le régime sont les mêmes que celles de ses prédécesseurs, puisque les membres de l’Administration ont été obligés d’assister à la manifestation pour donner l’impression d’un grand rassemblement populaire. Tout le monde attend la présentation des projets de loi électorale à l’Assemblée. Les fuites en provenance de Mahazoarivo ont permis de juger des artifices du pouvoir en place pour avoir un code électoral à sa convenance. La levée de boucliers qu’elles ont provoquée devrait faire réfléchir le pouvoir avant d’envisager un passage en force à l’Assemblée. Il n’est pas trop tard pour établir un véritable cadre de concertation pour empêcher une politique du fait accompli dont le régime est coutumier. Les voix se font donc entendre tant du côté de l’opposition que de la société civile. Cette semaine, on a pu se rendre compte que l’ancien président Marc Ravalomanana est totalement ostracisé. Cet acharnement systématique dont il est la victime peut cependant se retourner contre ceux qui l’ont provoqué. Aujourd’hui, il a une image de martyr auprès d’une partie de l’opinion. Mais, le coup de grâce pourrait lui être porté si sa candidature était définitivement écartée.

Sur le plan international, c’est toujours la Syrie qui focalise l’attention des médias du monde entier. La décision du conseil de sécurité proclamant une trêve dans le Nord du pays en Ghouta orientale pour permettre l’évacuation des civils n’a pas empêché les forces gouvernementales de continuer leur offensive. C’est un déluge de bombes qui s’abat sur la population. Bachar Al Assad soutenu par la Russie et l’Iran est plus que jamais décidé à chasser totalement les rebelles de leur fief quitte à faire des milliers de victimes innocentes. On affirme que son armée utilise des armes chimiques.

Vladimir Poutine a redonné à son pays la place de grande puissance qu’elle avait perdue ces dernières années. C’est du moins ce qu’il voulait signifier en parlant des avancées technologiques sans précédent enregistrées en matière d’armement. Prononcé devant les parlementaires de la Douma, ce discours avait un objectif électoraliste évident, puisqu’il est prononcé à quelques mois de l’élection présidentielle.

La France est la cible de l’attaque terroriste qui a eu lieu hier, au Burkina Faso. Son ambassade à Ouagadougou a été mitraillée par cinq hommes armés. Ces derniers n’ayant pas réussi à y pénétrer ont pris d’assaut l’état-major des forces françaises sur place. Les forces spéciales burkinaises ont, aux dernières nouvelles, réussi à neutraliser les assaillants.

La situation tant politique qu’économique du pays nécessite des solutions innovantes et audacieuses. La période électorale qui s’ouvre est propice à la présentation de programmes efficaces. Les Malgaches attendent non pas un homme providentiel ou un messie, mais un dirigeant honnête et capable d’agir dans l’intérêt du pays. Les mois à venir vont leur permettre de jauger les hommes et les femmes qui vont se porter candidats. A neuf mois de l’élection présidentielle, on attend le réveil de la classe politique.

Patrice RABE

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