La question de l’insécurité à l’ordre du jour



Jacaranda

Les autorités n’ont jusqu’à présent pas pris la mesure de l’exaspération de la population devant l’insécurité qui règne un peu partout dans le pays. L’initiative prise par des groupements d’opérateurs privés d’organiser « Aok’izay-insécurité » a marqué les esprits. La capitale sillonnée avant-hier par des voitures klaxonnant et des citoyens sifflant et hurlant a montré qu’elle attendait des actions concrètes de la part du pouvoir.  Ceux qui ont participé au mouvement se sont faits entendre, mais reste à savoir si les pouvoirs publics ont compris le message qui leur est adressé. Ce problème   de l’insécurité, s’il n’est pas résolu, portera gravement tort à ce régime à l’image déjà écornée par toutes ses maladresses.  Aujourd’hui, il est à la recherche d’un nouveau souffle et ses stratèges préparent activement la campagne  de son candidat.  A un peu moins de neuf mois de l’élection présidentielle, le compte à rebours est lancé. L’examen des projets de loi électorale est bien agencé à l’assemblée. L’incident qui a mis en émoi le monde de la presse mardi dernier n’a pas eu de suite après les excuses du vice président de la chambre basse. La semaine a également été marquée par la visite officielle du président de l’Inde. Le passage de cet hôte de marque a donné un nouveau souffle aux relations de cette grande puissance avec notre pays.

Sur le plan international, ce sont toujours les raids  aériens meurtriers de l’aviation russe appuyant l’avancée des forces gouvernementales syriennes sur la Ghouta oriental qui focalisent l’attention des médias. Hier, des dizaines de civils ont encore péri sous les bombes . Le bilan est très lourd depuis le début des bombardements le 18 février dernier. 1.260 civils ont été tués et plusieurs milliers ont été blessés. Mais le régime de Bachar Al Assad se réjouit de la reconquête de près de 70% des territoires aux mains des rebelles.

L’empoisonnement de l’ex-espion russe Serguei Skripal a provoqué une vive tension entre le Royaume Uni et la Russie. Le premier ministre Thérésa May met en cause le SFB et accuse ce service secret d’avoir assassiné cet homme. Les propos de la chancelière sont sans ambigüité et ils ne ménagent pas le président russe qui n’entend d’ailleurs pas se laisser faire. Ce dernier qui se présente à l’élection présidentielle n’apprécie pas  d’être pointé du doigt par les Européens qui ont fait bloc contre lui. Demain dimanche, il devrait  être réélu pour la troisième fois à la magistrature suprême.

En Afrique du sud, l’ex président Jacob Zuma ne va se tirer à bon compte après sa démission puisqu’il va être poursuivi pour corruption. Ce dernier est accusé d’avoir touché  des pots de vin pour un contrat d’armement de 4 milliards d’euros signés en 1999.  Ce dernier avait jusqu’à présent évité des poursuites dans ce dossier judiciaire.

En France, le président Macron est sur le point de connaitre sa première véritable confrontation avec les syndicats. Il poursuit son plan de réformes avec détermination. Cette fois, il veut réussir à moderniser la SNCF Cette dernière continue de subir de lourdes pertes et il veut stopper cette dérive financière. Il veut aussi mettre fin aux régimes spéciaux de retraites. Les syndicats ont décidé de faire barrage en organisant  prochainement une grève générale.

La manifestation « aok’izay-insécurité » a été comme un déclic pour des citoyens résignés à cette fatalité de l’insécurité. Ils ont pu montrer qu’ils étaient capables de protester contre l’inaction des pouvoirs publics. Ce mouvement  a eu lieu de manière pacifique, mais il n’en a pas moins montré la force de conviction d’une population consciente de la gravité de la situation sécuritaire. Cette question de l’insécurité va certainement s’inviter dans le prochain débat électoral.

Patrice RABE


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