Un pouvoir décidé à faire adopter les lois électorales



Jacaranda

L’assemblée nationale en étant le centre de polémiques cette semaine, a montré qu’elle est une institution jouant pleinement son rôle dans la vie de la nation. Ce n’est pas le parlement  croupion où le pouvoir faisait la pluie et le beau temps, que l’opinion a découvert mardi dernier, mais un espace de discussions et de contestations d’ où certains de ses membres ont montré leur indépendance d’esprit. Le régime n’a pas réussi son pari de faire adopter des lois électorales qu’elle a modelées à sa convenance. Habitué à ne  rencontrer aucune résistance dans cette chambre basse où il compte beaucoup de partisans, il a dû déchanter. Les députés TIM, MAPAR et indépendants n’ont pas voulu cautionner ces lois n’ayant pas été retouchées, malgré les interpellations de la société civile et de l’opposition. La troisième session extraordinaire qui s’est ouverte hier, va permettre de reprendre les débats, et donner l’occasion au gouvernement de montrer sa bonne foi, en tenant compte des amendements qui seront proposés. Si cela est le cas, on pourra affirmer qu’on est sur la bonne voie, celle du consensus et de l’apaisement. Cette agitation qui a eu lieu à l’assemblée n’a cependant pas occulté les séquelles du passage d’Eliakim  semantla désolation sur son trajet. Les routes nationales coupées, les maisons détruites et  les villages inondés sont des images difficilement supportables, mais qui reflètent une réalité à laquelle on ne peut pas échapper.  Le pays doit une fois de plus affronter l’adversité. Il ne s’est pas encore relevé des dégâts provoqués par AVA et il lui faut maintenant s’occuper de ceux d’Eliakim. C’est la partie nord de la grande île qui a été durement touchée, les hautes terres et le sud ont été épargnés.

Sur le plan international, le triomphe deVladimir Poutine à l’élection présidentielle est un des faits majeurs de la semaine. Le président russe a assis son autorité à  l’extérieur de son pays. Sa victoire qui ne souffre aucune contestation, a  été d’abord accueilli fraîchement par les pays occidentaux, mais les chefs d’état se sont ensuite résolus à féliciter le maître du Kremlin. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont été les premiers à le faire et ont été suivis par leurs homologues de l’Union Européenne. Les présidents Chinois, Iranien et Syrien ont salué cette réélection. Seul Donald Trump n’a fait aucun commentaire. Le bras de fer entre Thérésa May et Vladimir Poutine continue toujours.

En France, c’est la mise en examen de Nicolas Sarkozy par trois magistrats du pôle anticorruption qui a défrayé la chronique. L’ancien président accusé d’avoir perçu de l’argent de Khadafi pour sa campagne électorale à la présidentielle de 2007, a nié et continue de nier  aux faits qui lui sont reprochés. L’affaire qui a été révélée par le site d’information Médiapart , a poursuivi l’ancien chef d’état durant toutes ces années. Aujourd’hui, le juge Serge Touraine   affirme qu’il y a des indices graves et concordants lui permettant de continuer à instruire l’affaire. Après avoir été gardé à vue durant 48 h, Nicolas Sarkozy a été donc mis en examen et non placé sous le statut de témoin assisté comme il le demandait. Il a commencé à organiser sa riposte sur le plan en passant notamment dans le journal de 20h de TF1.

C’est le rôle du parlement qui a été mis en lumière cette semaine, après cette contestation vigoureuse des députés de l’opposition qui ont refusé d’accepter un forcing du régime désireux de faire adopter des textes de lois électorales sans amendement. Maintenant, on est revenu à une situation plus normale avec la reprise des débats. Pour le moment, on ne sait pas si le régime va jouer le jeu, mais l’opposition est prête à dialoguer. Le pouvoir n’a pas l’intention de rester sur cet échec et il fera tout pour arriver à ses fins.

Patrice RABE

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