Un dénouement qui se fera dans la légalité



Jacaranda

Une semaine après le début des manifestations sur le parvis de l’Hôtel de ville, le mouvement de contestation contre le régime n’a pas faibli et les slogans sur les banderoles sont toujours aussi virulents. L’action menée par les députés ne va pas porter ses fruits tout de suite et plusieurs étapes doivent être franchies avant d’aboutir. Les 73 parlementaires qui la pilotent veulent agir dans un cadre légal. Ils ont donc déposé une requête aux fins de déchéance du président de la République à la HCC, mais ils doivent aussi réfréner l’impatience de la partie de l’opinion qui désire un changement à la tête de l’Etat. Le plus difficile est à venir car ils doivent tout faire pour entretenir la flamme de la contestation sur la place du 13 mai. La suite du mouvement est suspendue aux jugements de la HCC. La communauté internationale est dans l’expectative. La SADC s’est invitée dans la médiation entre les partis en présence et a dépêché Joachim Chissano pour essayer de concilier les positions des uns et des autres. Mais d’ores et déjà, il a essuyé le refus des députés du changement qui veulent une résolution du contentieux entre les acteurs de ce début de crise par les Malgaches eux-mêmes. La situation actuelle est différente de celle de 2009 car les forces de l’ordre ont décidé de ne se cantonner qu’à la protection des biens et des personnes et entendent ne pas être instrumentalisées par le régime. Les deux anciens présidents Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana préfèrent rester en retrait car il s’agit d’un mouvement initié par les parlementaires seuls. Aujourd’hui, c’est sur le plan juridique que s’est engagée la bataille. Mais la communication joue un rôle tout aussi important. Les communicants ont également recours aux réseaux sociaux pour essayer de déstabiliser les adversaires du camp qu’ils soutiennent.

Sur le plan international, c’est l’Arménie qui a focalisé l’attention des médias. La rue a eu raison du Premier ministre qui a été obligé de démissionner. L’opposant charismatique Nikol Pachinian avait réussi à mobiliser des dizaines de milliers d’Arméniens dans la capitale Erevan pour protester contre la nomination de l’ex-président Serge Sarkassian à la tête du gouvernement. Il avait appelé à la paralysie de toutes les agences gouvernementales et avait qualifié son mouvement de révolution de velours.

La presse internationale s’est intéressée de très près à la visite d’Etat du président Emmanuel Macron aux Etats-Unis. Le jeune chef d’Etat a impressionné les Américains, en réussissant à séduire Donald Trump. Ce dernier n’a cependant rien cédé à propos des dossiers litigieux du commerce international, du climat et du nucléaire iranien. Mais le président français a affirmé sa personnalité lors du discours qu’il a prononcé à la Chambre des représentants.

C’est une rencontre historique qui est en train d’avoir lieu à la frontière des deux Corées. Les deux dirigeants, le Sud-coréen Moon Jae-in et son homologue du Nord Kim Jung Un ont publié une déclaration commune, s’engageant à « une dénucléarisation complète de la péninsule ». Ils ont convenu de cesser toute action hostile. Cette rencontre précède celle du leader nord- coréen avec le président américain Donald Trump, signant ainsi le dégel des relations entre la Corée du Nord et les Etats-Unis.

Une semaine après le début des manifestations sur la place du 13 mai, la contestation du régime est toujours aussi vive, mais elle a lieu sans violence. L’atmosphère est fiévreuse, mais elle ne génère aucun débordement, preuve que le mouvement est mené de manière responsable. Le dénouement de la situation n’est pas dans l’immédiat. Tout le monde convient qu’il se fera dans la légalité stricte.

Patrice RABE

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