Aucune embellie depuis la sortie de l’arrêt de la HCC



Jacaranda

Deux mois après le début des manifestations sur la place du 13 mai, on ne voit pas encore le bout du tunnel. L’espoir d’une sortie de crise après l’arrêt de la HCC a fait long feu. La nomination d’un Premier ministre de consensus ne semble plus d’actualité après les réserves émises par les membres du TIM et les contestations des partisans du régime sur les prétentions du MAPAR. Le CFM a donc espéré pouvoir débloquer la situation en organisant ce sommet au CCI Ivato. Trois des principaux intéressés ont boudé la réunion qui ne va pas déboucher sur l’accord politique mentionné dans le jugement de la HCC. La mise en garde des forces armées faisant référence à l’instauration d’un état d’exception, alourdit un peu plus un climat politique passablement tendu. Les rassemblements organisés par les enseignants grévistes devant le ministère de l’Education Nationale ne facilitent pas l’apaisement cherché en ce moment. Le régime a donc beau jeu de stigmatiser l’attitude plutôt rigide de ces derniers. Le blocage de la machine administrative organisé comme moyen de pression sur le pouvoir, ne semble pas encore porter ses fruits. Les effets commencent cependant à se ressentir dans la vie quotidienne des citoyens. Mais pour le moment, la population accepte ces désagréments car elle comprend les enjeux de ce bras-de-fer. Mais, le régime essaie d’en tirer parti.

Sur le plan international, c’est l’instauration de taxes sur les produits importés aux Etats-Unis par l’administration de Donald Trump qui provoque des remous dans les pays touchés. Le Canada a répliqué en faisant payer 16 milliards de droit de douane à certaines marchandises américaines. L’Europe n’est pas en reste, et les ministres des finances réunis à Bruxelles ont clairement laissé entendre que leurs pays ne se laisseraient pas faire et allaient porter plainte contre les Etats-Unis devant l’OMC. Les analystes estiment que Donald Trump, en agissant ainsi, pense à son électorat et qu’il a en vue les élections sénatoriales du mois de novembre prochain.

Le sommet organisé entre le président des Etats-Unis et son homologue nord-coréen qui avait été annulé par Donald Trump, va peut-être quand même avoir lieu. Les observateurs ont fini par s’habituer aux foucades de ce dernier, et ne s’étonnent plus de ses revirements. Le bras droit de Kim Jung Un s’est rendu à Washington où il a été reçu cordialement. L’idée d’une nouvelle date pour une rencontre entre les deux chefs d’Etat fait son chemin. On dit qu’elle aura lieu à Singapour.

La crise qui a perturbé la vie politique italienne depuis une semaine a pris fin après la nomination des membres du nouveau gouvernement. Le président italien avait refusé les propositions des deux chefs de partis, vainqueurs des élections législatives. Matteo Saldini, le leader de la ligue du nord et Luigi Di Maio, le chef du parti « Cinq étoiles ». Il a finalement cédé et permis la mise en place de ce gouvernement atypique. Les deux formations sont eurosceptiques et provoquent la défiance de Bruxelles.

En Espagne, Mariano Rajoy a été poussé à la démission après un scandale de corruption ayant éclaboussé des responsables de son parti. La motion de censure déposée par le chef du parti socialiste, Pedro Sanchez, a été votée par une large majorité de députés. Ce dernier va donc former le nouveau gouvernement.

Pour le moment, il n’y a aucune éclaircie dans le ciel politique malgache. Aucune avancée n’a eu lieu depuis la sortie de l’arrêt de la HCC. L’opposition et le régime se regardent en chien de faïence, et la situation semble être bloquée. On attend donc la suite des événements avec une certaine inquiétude. L’opinion espère que le déblocage se fera très vite.

Patrice RABE


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