Une atmosphère de plus en plus délétère



Jacaranda

Si en apparence, le pays semble apaisé, le calme qui règne actuellement est trompeur. Après la nomination de Christian Ntsay à la Primature et la formation d’un gouvernement dit de consensus, les antagonismes au sein de la classe politique n’ont pas disparu. Les problèmes qui ont été exposés sur la place du 13 mai n’ont pas été résolus. La mission que le Premier ministre s’est assignée est l’organisation des élections. L’annonce de la date des élections a un temps donné l’impression que Madagascar était sur les bonnes voies. Depuis, il n’y a aucune avancée significative dans ce sens. Les revendications syndicales n’ont pas cessé, les grèves non plus. Celle des enseignants est la plus significative, car elle touche le monde éducatif. L’annonce faite par les leaders syndicaux d’une reprise des cours n’a pas eu l’assentiment d’une base qui s’est sentie flouée. Au lieu d’une sortie de crise, c’est un blocage de la situation auquel nous assistons.  Dans le secteur des impôts, les grévistes sont tout aussi déterminés et ils ont décidé le débrayage à une écrasante majorité. Dans le même temps,  l’unité de façade du gouvernement a volé en éclat. Les dissensions entre ses membres sont de plus en plus visibles. C’est chacun pour soi. Les ministres HVM,  MAPAR et TIM agissent  sans se concerter. Le président Hery Rajaonarimampianina semble tirer parti du flou qui règne en ce moment. Il a repris de plus belle ses inaugurations et vante les projets qui sont en chantier. Il fait sa précampagne électorale sans que personne ne proteste et il  se présente comme un dirigeant très ambitieux pour son pays. Sa campagne de communication est très habile et il semble avoir pris une longueur d’avance sur ses adversaires.

La victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde a éclipsé tous les événements de cette semaine. Les Bleus ont fait chavirer de bonheur les Français qui ont retrouvé cette belle unité de 1998. Cet impact s’est ressenti bien au-delà des frontières de l’Hexagone. Une France qui a célébré cette diversité faisant sa richesse a retrouvé un nouvel élan et se dit optimiste après cette victoire. Tout le monde est fier de cette équipe qui véhicule les plus belles valeurs de la France : la générosité, l’effort et la tolérance. La vie cependant continue et l’on est retombé très vite dans les travers de la politique avec le scandale de la bavure d’un collaborateur du chef de l’Etat français ayant violenté un manifestant au mois de mai dernier. La diffusion de la vidéo à la télévision a provoqué une véritable tempête médiatique. Les réactions des hommes politiques ont été virulentes et une commission  d’enquête parlementaire a été constituée pour faire toute la lumière sur l’incident. Le président Macron a gardé le silence jusqu’à présent, mais des sanctions vont tomber. Le collaborateur a été licencié et il est en garde à vue. Les critiques sont d’autant plus acerbes que le chef de l’Etat avait promis une République exemplaire sous son quinquennat.

La tempête politique soulevée aux Etats-Unis par les propos conciliants de Donald Trump sur Vladimir Poutine ne s’est pas apaisée malgré sa tentative de les rectifier. Les Démocrates ont été les premiers à monter au front, mais de nombreux Républicains ont manifesté violemment leur réprobation. L’impact de ces affirmations devrait se ressentir  lors des élections de la mi-novembre.

A Madagascar, le calme apparent cache mal les multiples problèmes qui se posent. Aucun progrès n’est constaté au niveau de la mise en place du cadre des élections qui devraient faire  sortir le pays de la crise. Le malaise est perceptible et il ne se dissipera pas de sitôt. L’atmosphère est de plus en plus délétère…

Patrice RABE

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