MIDIRAMA : La révolte des « petits candidats »



Jacaranda

A trois semaines du 1er tour de l’élection présidentielle, la campagne électorale se résume à cette omniprésence des candidats dits « favoris » dans les médias, ne laissant aucune place aux autres. Aujourd’hui, ceux qui disposent des moyens nécessaires pour se montrer et vanter leurs mérites y font la course en tête. Les premiers débats télévisés ont heureusement permis de sortir de ce système qui ne permet pas d’entendre d’autres avis.  Les interpellations se sont multipliées, la CENI a fait face aux critiques et y a répondu sans détour. L’opinion a pu avoir un éclairage différent de la situation actuelle. Elle a pu se rendre compte des nombreuses imperfections  qui existent et que l’on ne doit pas minimiser. Malgré toutes les vérités qui ont été annoncées, il est pratiquement  impossible de remettre en cause le déroulement du processus électoral. Les meetings vont continuer avec les rassemblements de foule donnant l’impression  d’une adhésion massive à ceux qui les organisent. La provenance de  tous ces fonds dans cette campagne électorale reste posée, mais malgré les soupçons qui pèsent sur leur origine, il n’y aura aucun empêchement  pour leur utilisation car la loi n’y met aucune entrave.  Cette semaine, la   déclaration faite par les membres du  « fanjakana gasy », un mouvement sécessionniste qui ne veut plus d’un état unitaire, a provoqué quelques remous. La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. L’arrestation de deux de ses leaders  a tout de suite stoppé son essor. Bon gré mal gré, le processus électoral continue. .Le premier tour  devrait avoir lieu sauf cas de force majeure. La semaine ne s’est pas cependant focalisée sur les élections, mais il y a eu aussi cette victoire éclatante des Barea qui leur a permis de se qualifier pour la CAN 2019. Cette  grande première a été fêtée comme  il se doit par tous les Malgaches, férus de football ou non.

Sur le plan international, la possible victoire du candidat d’extrême  droite au Brésil met en perspective le spectre de la résurgence du populisme dans le monde. Le problème se pose d’ailleurs aussi en Europe où les néoconservateurs  s’opposent  aux progressistes. Le président Macron a pris la tête des chefs d’Etat  qui refusent de voir certains de leurs  pairs défier ouvertement la commission européenne. Mattéo Salvini, l’italien, est l’un des principaux adversaires du président  français. Les populistes de l’Europe de l’Est ne sont pas en reste.

Les intempéries qui  ont provoqué de graves dégâts en Floride et  au Portugal ont mis en émoi les éditorialistes des grands journaux occidentaux. Le nombre de morts est certes moins important que prévu, mais la détresse des sinistrés et le spectacle de désolation  vus  sur  toutes les chaînes d’information  ont traumatisé   les hommes et les femmes témoins de ces événements.

Le président Donald Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique à cause de l’afflux  de migrants qui menacent de rentrer de force aux Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat Mike Pompéo s’est rendu à Mexico pour essayer de régler ce problème qui est en train d’aviver les tensions entre les deux pays.

L’élection présidentielle qui se profile devrait avoir lieu aux dates prévues. C’est du moins ce que le gouvernement et la CENI affirment. Mais la contestation de ceux qu’on qualifie  de « petits candidats »  vient mettre à mal cette assurance. Ces derniers sont décidés à ne pas passer sous silence toutes les imperfections du processus électoral. C’est un véritable vent de révolte qui est en train de souffler, attisé par la majorité des candidats.

Patrice RABE

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