Tous les voyants sont au vert pour le régime

Jacaranda

La ferveur qui entoure les Barea est encore allée crescendo cette semaine, et tout le pays attend ce rendez-vous de dimanche dans un état de fébrilité qui se comprend aisément. Les passionnés de football sont les premiers concernés, mais les profanes se sont eux aussi pris au jeu. Le régime a bien compris le sens de cet immense élan populaire en direction des Barea, et c’est tout naturellement qu’il l’a accompagné. L’initiative du président de la République et de son équipe d’affréter deux gros porteurs pour les supporteurs va dans ce sens. L’opération est colossale, et elle doit être rondement menée. Ces quelque huit cents personnes qui décolleront cette nuit vont pouvoir vivre des moments exceptionnels durant ces deux jours. Pour le régime, cette union sacrée qui s’est scellée autour des Barea est l’occasion de fédérer les énergies et de s’en servir pour faire avancer le pays. Peu importe la suite du parcours de cette merveilleuse équipe, mais on peut dire qu’elle aura écrit une des plus belles pages du football malgache. Rien ne sera plus comme avant. Cette épopée a même failli faire oublier les résultats officiels des élections législatives. Ils n’ont guère différé de ceux de la CENI malgré les nombreuses requêtes déposées. Le pouvoir dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale et il peut mener à bien sa politique de développement. Le parti de l’ancien président Marc Ravalomanana a décidé de déposer officiellement son statut d’opposant au ministère de l’Intérieur.

Sur le plan international, c’est toujours la position adoptée par l’Iran dans la crise l’opposant aux Etats-Unis qui préoccupe les chancelleries occidentales. Téhéran, en ignorant délibérément les avertissements de ses ennemis et de ses partenaires, a décidé ce dimanche de mettre à exécution sa menace d’enrichir son uranium, à un degré prohibé par l’accord international sur son programme nucléaire. Le tweet de Donald Trump qui a suivi est sans équivoque. Ce dernier affirme que les menaces de l’Iran peuvent se retourner contre lui. La France et les autres pays européens ont averti les Iraniens qu’ils ne gagneraient rien à sortir de l’accord de Vienne. Moscou et Pékin, de leurs côtés, ont appelé les dirigeants iraniens à la retenue.

La Lybie est un des autres dossiers qui préoccupent la communauté internationale. Les combats entre les troupes du Maréchal Haftar, l’homme fort de l’Est du pays, et celles du gouvernement légal, ont fait plus de mille morts en trois mois. Les avancées de l’armée rebelle ont été fortement retardées par les bombardements des soldats loyalistes. Le maréchal accuse la Turquie de livrer des chars et des drônes à ses adversaires. Il menace de frapper les intérêts turcs sur place.

En Algérie, la mobilisation de la population ne faiblit pas. Lors de la 20ème journée de manifestation d’hier, il y avait des milliers de personnes dans les rues malgré un important dispositif de sécurité. Une proposition de sortie de crise a été cependant proposée par le président par  intérim. Néanmoins, les opposants refusent l’organisation par le pouvoir de l’élection présidentielle. Ces derniers ne veulent pas de l’instance de dialogue mise en place. Au Soudan, une sortie de crise est en vue. Le médiateur de l’Union Africaine a annoncé hier qu’un accord avait été trouvé entre les putschistes de l’armée et les leaders de la contestation civile. Un partage du pouvoir va avoir lieu au sein du conseil souverain, l’organe qui dirigera la transition jusqu’aux élections.

La fièvre des Barea va tenir les Malgaches encore un certain temps. Il est peut-être cynique de dire que cela tombe bien pour le régime, qui peut en espérer des retombées. En tout cas, tous les voyants sont au vert en ce moment pour lui. Il peut dérouler son programme sans être inquiété.

Patrice RABE

Share This Post

Post Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.