Débat télévisé : Le ton a monté entre les deux candidats

Le premier débat télévisé du second tour de l’élection présidentielle a été organisé hier. Un débat qui s’est déroulé sous le signe du « fair-play » et du respect mutuel, comme en témoigne l’accolade entre les deux personnalités avant le début de l’émission, mais cette « bonne volonté » n’a pourtant pas empêché les deux candidats de se renvoyer les responsabilités à propos notamment de la pauvreté qui frappe 9/10 des Malgaches. Par moment, le ton a monté et les animateurs n’ont pas parvenu à contrôler l’« état d’âme » des deux candidats qui se sont laissés porter par l’émotion, des fois, il était difficile de recentrer le débat. Au début de l’émission, le candidat Jean Louis Robinson a dénoncé le ministre de la Communication qui, selon ses dires, est un « spécialiste du sabotage » en faisant référence à son micro qui était très faible. Il convient de noter pourtant que l’émission a été organisée sous la supervision de la CENI-T.

Echec. Apparemment, les deux candidats ont deux positions différentes à propos notamment des problèmes quotidiens du délestage qui frappent plusieurs régions de la Grande île, le secteur Tourisme, les problèmes de développement dans le monde rural et la hausse sans-cesse du prix des carburants. Le candidat de la mouvance Ravalomanana, Jean Louis Robinson a profité de ce face-à-face pour pointer du doigt l’échec du régime transitoire et particulièrement de Hery Rajaonarimampianina qui était à la tête du Ministère des Finances et du Budget pendant 4 ans. Il a insisté sur le fait que « le peuple malgache a besoin de nouveaux dirigeants capable d’apporter le changement ». « Les Malgaches réclament un Docteur pour remédier les maux sociaux qui occupent leur quotidien », a-t-il soutenu. Jean Louis Robinson qui a ouvert son intervention en lançant un appel à la solidarité, au rassemblement et au respect du « Fihavanana » à l’endroit de tous les Malgaches. Et ce, afin de rétablir la confiance entre gouvernants et gouvernés. En effet, le représentant du parti « Avana » entend prioriser la lutte contre la sous-alimentation et la restauration des cantines scolaires durant ses trois premiers mois de pouvoir.

Impunité. Pour sa part, le porte-fanion du « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara » a soutenu qu’il souhaite tirer un trait sur l’échec des différents régimes. Selon ses dires, ces derniers partagent les responsabilités à propos de cet échec. « Il est désormais temps de se concentrer sur les actions au développement », a-t-il martelé. Et de rappeler cependant que les financements extérieurs ont été coupés depuis 2008 mais non pas durant la période transitoire. Hery Rajaonjarimampianina entend prioriser la mise en place d’un Etat de droit et l’instauration d’une Juridiction spéciale pour juger les dirigeants fautifs. Pour lui, « il ne devrait plus y avoir d’impunité ». Le candidat « numéro 3 » opte en effet pour un développement participatif où tout citoyen doit contribuer au développement. Il insiste également sur la nécessité de la libéralisation dans le secteur privé afin de mettre fin au monopole dans les investissements. Ce premier débat télévisé axé sur l’économie, le social et la sécurité était une occasion pour le candidat Jean Louis Robinson d’annoncer qu’il prévoit de mettre en place un Ministère de l’Opposition et un Secrétariat d’Etat chargé du Secteur privé pour défendre l’Industrie malgache. Durant le volet sécurité, il a dénoncé la corruption au niveau des différents concours administratifs. Il a cité comme exemple le cas de l’Ecole de la Magistrature où selon lui, « on doit payer 200 millions de Fmg pour y être admis ». A noter que le 2è débat sera focalisé sur la Diplomatie et le 3è qui aura lieu le 18 décembre prochain sera un débat strictement politique.

Davis R

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