Fetison Rakoto Andrianirina : « Le Président n’est pas l’obligé d’un parti ou d’une coalition de partis »



Jacaranda
« Aucun flottement n’est plus permis », estime Fetison.
« Aucun flottement n’est plus permis », estime Fetison.

Le candidat malheureux à la présidentielle et non moins leader national du RDS sort de son silence. Interview.,

Midi : L’on assiste actuellement à une lenteur dans la mise en place des Institutions de la République. Qu’en pensez-vous ?

Fetison Rakoto Andrianirina : « Aucun flottement n’est plus permis en ces moments où le Peuple a besoin de perspectives et non de constats de tergiversation. Les Malagasy attendent à ce que le nouveau Président donne le cap. Le redressement de Madagascar ne doit pas s’envisager en termes de politique conjoncturelle ni de recettes ponctuelles, mais sur le plan structurel et idéologique ».

Midi : Que faire alors face au risque de blocage dans le choix du Premier Ministre ?

FRA : « Je dois dire que les choix devant aboutir à la formation très prochaine du gouvernement ne doivent en aucun cas dépendre des aléas du microcosme politique où l’état des forces partisanes est singulièrement chaotique. En effet, étant donné une absence de visions et, partant, un caractère castrateur dus à des surenchères et à des marchandages stérilisants sans fin, le souffle nécessaire à un nouveau départ risque fortement de faire défaut et, par conséquent, de faire perdre à Madagascar et aux Malagasy la mobilisation et l’élan attendus ».

Midi : Régime semi-parlementaire oblige, le nouveau Président doit composer avec le Parlement. Votre avis ?

FRA : « Le gouvernement à former doit être le gouvernement de la République à l’unisson avec le Président de la République et non pas celui de partis omnipotents mais velléitaires. Il n’est pas concevable que le Président de la République, nanti d’une légitimité populaire directe, soit l’obligé d’un parti ou d’une coalition de partis. Il n’est pas non plus concevable de le priver de la primauté de cette légitimité populaire au profit d’une représentation nationale, au mieux fractionnée. Ce serait inverser dangereusement les rôles et paralyser un pouvoir exécutif qui a besoin de se dégager de la tutelle pesante et frustrante des aléas politiciens ».

Midi : Qu’attendez-vous alors de notre Assemblée Nationale et de surcroît du Président de la République ?

FRA : « Que le Parlement dans son entier joue son rôle, c’est-à-dire être vigilant sur la gestion des affaires gouvernementales, en assurer le contrôle et émettre des propositions, et non de dicter ses décisions ou vues nécessairement disparates. Que le Gouvernement conduise la politique nationale conformément aux orientations et perspectives définies au sein du pouvoir exécutif et non pas en fonction de telle ou telle options parlementaires inspirées par la partisannerie.

Enfin, que le Président de la République garantisse aux corps constitués le respect de leur statut respectif n’est que normal et là aussi nécessaire, mais ni plus ni moins. Car, ces corps constitués ne sont ni des instruments politiques ni des fiefs à la disposition de leurs membres respectifs. Le garant du bon fonctionnement des rouages institutionnels qu’est le Président de la République se doit vis-à-vis du Peuple d’être d’une extrême exigence à cet égard, car la République ne saurait appartenir à quiconque mais fonctionner au profit de tous.

L’ensemble de ces règles constitue la voie à suivre pour le Salut d’une Nation qui n’a plus droit à l’erreur ».

Midi : Et enfin, d’après vous, quelle attitude doit adopter le Peuple Malagasy face à l’actuelle situation ?

FRA : « Non seulement le Peuple mais aussi toutes les autorités publiques civiles et militaires, les responsables politiques et la société civile doivent encourager le nouveau Président à avancer avec détermination dans son programme hautement risqué et difficile de redressement socio-économique et de rétablissement de l’Etat de droit ».

Propos recueillis par R. O

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