Sénateur Richard Yung : « Les chefs d’entreprises ont souffert de la corruption ».



Jacaranda

Le Sénateur français Richard Yung accompagné du Conseiller des français de l’Océan Indien Jean Daniel Chaoui nous a livré samedi un bref bilan instructif de son séjour malgache avant de regagner la France.  A la tête d’une délégation de Sénateurs au titre du groupe interparlementaire d’amitié France- Madagascar, il a déclaré qu’il existe maintenant un calendrier avec le président Hery Rajaonarimampianina qui sera en visite officielle en France sur l’invitation du président François Hollande, d’ici la fin de l’année. Quant à sa visite, il a rencontré le Premier ministre Omer Beriziky avec lequel le problème de la corruption a été grandement évoqué. Interview.   

Midi : Pouvez-vous, Sénateur Yung, nous faire un bilan de votre séjour qui tire à sa fin ?

Richard Yung: A la tête d’une délégation du Groupe d’amitié France- Madagascar, je suis venu à Madagascar avec trois de mes collègues Christiane Kammermann Sénateur représentant les Français établis hors de France, Thani Mohamed Soilihi, Sénateur de Mayotte et de François Fortassin, Sénateur des Hautes-Pyrénées. Nous sommes venus en pensant que c’était un bon moment pour relancer les relations entre les assemblées parlementaires. La deuxième assemblée n’est pas élue encore ici mais nous avons vu l’assemblée nationale à Tsimbazaza pour dire que nous nous réjouissons du processus d’élection du président de la République. Ce sont des élections qui se sont passées d’une manière satisfaisante et démocratique. Notre message a aussi été que nous attendons  avec impatience la nomination du Premier ministre et la formation du gouvernement. Ce sont les conditions pour que l’activité reprenne.

Midi : Vous avez aussi rencontré d’autres hauts responsables, pouvez-vous nous en parler ?

Richard Yung: Nous avons rencontré le Bureau de l’Assemblée nationale. Nous avons rencontré le Premier ministre Omer Beriziky avec lequel nous avons eu un long entretien laborieux au palais de Mahazoarivo. Nous avons évoqué trois questions importantes. La première sur la nécessité d’avoir  un gouvernement. La seconde sur le grave problème de la corruption. Celle-ci s’est beaucoup développée ces dernières années, à un niveau tel que la communauté des affaires ne peut plus travailler convenablement. La corruption n’est pas nouvelle à Madagascar mais la courbe n’a cessé de monter. La troisième question évoquée relève de la sécurité. Nous avons parlé de Nosy-Be. Le gouvernement a décidé des mesures mais une grande partie de celles-ci n’ont pas encore été mises en œuvre. On parle de changer des responsables. Mais en attendant, les hôteliers de Nosy-Be nous disent, les hôtels sont vides. Tant que la sécurité n’est pas rétablie, c’est la ruine pour l’industrie hôtelière.

Midi : Sénateur Yung, vous n’êtes pas à votre premier séjour à Madagascar. Mais pour cette fois-ci qu’est- ce qui vous a particulièrement marqué ?

Richard Yung: Le problème de la corruption. Les chefs d’entreprises n’en peuvent plus. Lors de mes visites précédentes, ils se plaignaient un peu des impôts, du caractère de harcèlement fiscal. Mais maintenant, c’est la corruption qui les fait souffrir énormément. La corruption favorise les circuits parallèles d’importations. Je pense aux crustacés. Ces circuits se font au détriment de l’emploi malgache. Le président de la République Hery  Rajaonarimampianina qui est un fin économiste devrait fermer les robinets d’exportations illégales au détriment de l’économie malgache. Sinon, je pense aussi à l’immense potentiel qui existe à Madagascar. Les ressources de l’agriculture. Il y  a de l’eau partout. La faune, la flore. Madagascar n’intéresse que 250 000 touristes alors qu’il est plus beau que la Thaïlande qui attire 50 millions de touristes par an.

Midi : Votre séjour à Antsirabe s’est –elle bien passé ?

Richard Yung: Nous avons visité dans la jolie capitale du Vakinankaratra, l’Académie militaire. Nous  avons discuté avec les responsables des programmes de coopération entre les armées, française et malgache. Nous avons aussi rendu visite à la communauté française de la Résidence sociale.

Recueillis par Z.R

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