Déclaration de patrimoine : Pas de compte à rendre !


Le DG du Bianco a-t-il un droit de regard sur le patrimoine d’un déclarant ?
Le DG du Bianco a-t-il un droit de regard sur le patrimoine d’un déclarant ?

Même si c’est une obligation, le fait pour les responsables concernés de déclarer leurs biens ressemble en fait à une simple formalité.

8 ministres ont déposé jusqu’à présent, leur déclaration de patrimoine auprès du Bianco à Ambohibao. Le Premier ministre Kolo Roger fait partie des 23 membres du gouvernement qui ne se sont pas encore soumis à cette obligation qui a été inaugurée en 1993 par l’un de ses prédécesseurs au Palais de Mahazoarivo. Il s’agit de feu Me Francisque Ravony qui avait fait preuve de transparence totale en étalant publiquement ses biens meubles et immeubles. Y compris les titres et actions qu’il détenait. Il devait pousser le bouchon plus loin en ouvrant ses armoires et tiroirs dans l’émission télévisée « Izy no izy » à travers laquelle les téléspectateurs avaient pu voir ses chaussures et costumes taillés sur mesure.

En avance. C’est dire que le premier PM de la Troisième République était en avance de 20 ans sur l’actuel locataire de Mahazoarivo dont l’accession à la Primature rappelle d’ailleurs, toutes proportions gardées, le parcours de celui qu’on surnommait « Vazaha Be ». En effet, même si le CSDDM ne disposait que de 2 députés, en l’occurrence le Commandant Richard Andriamaholison et sa propre personne élue au forceps à Vohipeno, Me Francisque Ravony avait réussi l’exploit de se faire élire par la majorité des membres de l’Assemblée nationale. C’est plus ou moins à l’instar de Kolo Roger qui a été présenté par des groupes parlementaires coalisés au sein de la PMP.

Redevabilité. La comparaison s’arrête là entre les deux PM « métis » puisque si Francisque Ravony avait déjà son appareil, en l’occurrence le CSDDM, avant d’entrer à Mahazoarivo, Kolo Roger intégra le noyau dirigeant du HVM après sa nomination à la tête du gouvernement. Mais la grande différence entre les deux, c’est le fait pour le défunt PM d’avoir été le premier à faire sa déclaration de patrimoine, même si aucun texte ne l’obligeait à le faire à l’époque. S’il n’y avait pas eu le référendum constitutionnel convoqué par le Président Zafy Albert pour le dégager de la Primature, Francisque Ravony aurait tenu sa promesse de faire l’état de son patrimoine à la fin de son mandat à Mahazoarivo. Histoire de montrer s’il s’était (davantage) enrichi ou pas. C’est ce contrôle à posteriori ou ce principe de redevabilité qui fait défaut dans le système actuel où les responsables concernés n’ont même pas de compte à rendre sur l’origine de leurs biens revêtus du sceau de la confidentialité. En somme (au propre comme au figuré), les gouvernés ont l’impression que les gouvernants font des déclarations de patrimoine pour des …prunes.

R. O

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication