Magro Behoririka : Ravalomanana menace de rééditer 2002

Jacaranda
L’ancien leader du « tolona 2002 » n’exclut pas à nouveau de « faire sauter le couvercle de la marmite ».
L’ancien leader du « tolona 2002 » n’exclut pas à nouveau de « faire sauter le couvercle de la marmite ».

Le ministre et les députés de la mouvance Ravalomanana vont-ils suivre le mot d’ordre de l’ancien Président en exil qui pourrait rompre avec le régime en place.

Une véritable déclaration de guerre contre le régime. C’est ainsi que bon nombre d’observateurs interprètent les propos tenus avant-hier par Marc Ravalomanana qui est intervenu en direct au téléphone au Magro Behoririka. Il a notamment répondu à la ministre de la Justice, Noëline Ramanantenasoa qui avait déclaré, concernant le retour de l’ancien Président en exil, que « ce dernier n’a qu’à s’en prendre à lui-même ». Pour l’intéressé, « c’est du n’importe quoi… Une bourde qu’aucun ministre de la Justice d’autres pays n’osera faire… Un signe qui prouve que la Justice malgache n’est pas du tout impartiale ». Il (se) demande si l’actuelle Garde des Sceaux est « the right woman at the right place ». « N’oubliez pas que celui que vous défendez ardemment en ce moment figure parmi les 109 personnalités ayant participé au putsch de 2009 », a rappelé l’ancien président. « Pour ma part, je ne crains nullement de passer devant la Justice afin que les Malgaches puissent connaître la vérité », a-t-il réitéré.

Altercations. « Ravalo » a également fait part des altercations que la ministre Noëline Ramanantenasoa aurait eues avec son avocat Brian Currin. Ce dernier aurait clairement indiqué que la Justice malgache n’est pas impartiale dans cette affaire. « Ne nous poussez pas à faire des choses que vous risquiez de regretter », a averti l’exilé d’Afrique du Sud qui menace de rééditer 2002. « Si vous voulez, si nous voulons, nous allons refaire ce que nous avions déjà fait en 2002 pour redresser le pays, rien ne nous fait peur et personne ne pourra nous empêcher de le réaliser, puisqu’il relève des intérêts des Malgaches et non de ceux d’une minorité », a-t-il lancé. Et lui de poursuivre : « je n’ai pas du tout peur de diriger ce mouvement ». 12 ans après, enfin presque, « Dada » ne regrette rien par rapport à 2002. Si c’était à refaire, il le referait. Une action qu’il considère comme « juste dans la mesure où elle a permis l’annulation de la dette de Madagascar d’une valeur de 15 milliards de dollars, l’augmentation à 29% du taux de scolarisation, la construction de 5 km de routes par an et un taux de croissance de 7,5% ».

Audience. La question est de savoir si l’ex-Président pourra diriger à distance un autre mouvement populaire, puisque son retour reste pour le moment incertain voire hypothétique face au régime qui donne l’impression de laisser le temps au temps. En tout cas, Marc Ravalomanana compte demander cette semaine une audience auprès du président sud-africain, Jacob Zuma, afin de lui faire part de son projet de « 2002 bis ». Et de consommer ainsi le divorce par rapport au régime Rajaonarimampianina avec qui il ne fait d’ailleurs pas bon ménage.

Davis R

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