Expédition punitive des gardes présidentielles : 80 « zazavao » font une vingtaine de victimes

Les habitants du « Fokontany » d’Ankadivola ont déposé une plainte commune auprès de la Gendarmerie d’Andoharanofotsy. (Photo : Yvon Ram)
Les habitants du « Fokontany » d’Ankadivola ont déposé une plainte commune auprès de la Gendarmerie d’Andoharanofotsy. (Photo : Yvon Ram)

Pour le Maire de la Commune d’Ambohijanaka, cette affaire ne constitue plus une simple bagarre entre deux camps mais plutôt un acte de pillage perpétré par des bandits armés.

« Une injustice totale ». C’est ainsi que l’on peut qualifier l’acte de barbarie que des éléments du Bataillon de la Garde présidentielle à Iavoloha ont perpétré vendredi dernier à Ambohimahitsy, Fokontany d’Ankadivola, Commune Ambohijanaka. Un acte d’une extrême violence qui a complètement ravagé ce petit village. 83 militaires dont 3 caporaux responsables de l’encadrement des nouvelles recrues et 80 « zazavao », sont impliqués dans cette affaire. Les faits : une famille résidant dans le quartier d’Ambohimahitsy a organisé le 25 septembre dernier un bal de veillée d’exhumation. Les trois caporaux de la Garde présidentielle ont fait le déplacement sur le lieu pour assister à la fête. Comme à l’accoutumée, dans ce genre de cérémonie, l’alcool coule à flots, les risques d’éclatement de bagarres ne sont donc pas à écarter. C’est ce qui s’est passé cette nuit-là. En effet, après avoir eu des altercations avec des jeunes du quartier, les trois militaires ont pris la fuite, pour revenir ensuite accompagnés de renforts composés de 80 jeunes « zazavao ». Avec pour mission, frapper tous les hommes que l’on croise dans la rue et au village et voler tout ce que l’on peut revendre. Une expédition punitive qui a fait une vingtaine de victimes parmi les habitants du quartier, 22 pour être exact.

Acte de pillage. A entendre les explications de l’une des victimes, Rakotonarivo Louis qui a eu des blessures graves au niveau de la tête, « les assaillants ne se sont pas contentés de brutaliser les hommes, ils ont également pillé toutes les maisons du quartier et ont volé entre autres, les volailles, des matériels de sonorisation, des téléphones portables et même des cartes bancaires ». Tous les épiciers du quartier ont également été dépouillés, de 300 000 Ar pour certains, 400 000 Ar pour d’autres. Pour le Maire de la Commune d’Ambohijanaka, cette affaire ne constitue plus une simple bagarre entre deux camps mais plutôt un acte de pillage perpétré par des bandits armés. A noter que les assaillants ont été armés notamment de bâtons et de sabres. D’après Ranivoarimalala Voahangitiana, membre de la famille organisatrice du bal, l’attaque du « Fokontany » d’Ambohimahitsy a duré environ une heure, les assaillants se sont ensuite déplacés pour refaire la même action dans le quartier d’Antombina.

Plainte commune. Hier, les habitants du « Fokontany » d’Ankadivola ont déposé une plainte commune auprès de la Brigade de la Gendarmerie à Andoharanofotsy. A noter que 4 hauts-gradés au niveau du Bataillon de la Garde présidentielle à Iavoloha se sont déjà présentés au bureau de la Gendarmerie le week-end dernier pour proposer un arrangement à l’amiable avec les victimes. Selon le Maire d’Ambohijanaka, ils auraient reconnu que leurs éléments sont fautifs dans cette affaire. Ce matin, une rencontre entre des chefs militaires et les responsables de ladite Commune est prévue. En attendant le dénouement de cette affaire, les 83 militaires ayant participé à cet acte de barbarie contre des civils innocents sont consignés à Iavoloha. Bon nombre d’observateurs estiment qu’ils  devraient payer lourdement, ne serait-ce que pour servir de leçon pour leurs frères d’armes. On attend également la réaction de la Hiérarchie militaire qui devrait renforcer le respect de l’éthique, de la déontologie et de la discipline. Histoire à suivre.

Davis R

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