Invité du lundi : ministre Mahafaly Olivier « La Commune urbaine d’Antananarivo est maintenue »

Jacaranda
Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mahafaly Solonandrasana Olivier
Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mahafaly Solonandrasana Olivier

Selon les consignes présidentielles, le projet de loi sur les trois communes urbaines à statut particulier dont Antananarivo doit être adopté par les députés durant la session en cours. A ce propos, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation Mahafaly Olivier révèle que le projet de créer une Communauté dans la Capitale est abandonné. Interview.

– Midi : Le projet de loi sur les trois communes urbaines à statut particulier a été rejeté par les députés. Cette fois-ci, le gouvernement va soumettre un nouveau projet de loi y afférent. Y a-t-il des modifications au projet initial ?

– MO : « Le gouvernement a décidé d’éviter les contestations. La commune urbaine d’Antananarivo est maintenue. On a abandonné le projet créant la Communauté d’Antananarivo. Il y aura donc un maire à la tête de cette communauté urbaine d’Antananarivo. Ce maire sera élu au suffrage universel direct. Par contre, on a gardé le projet instituant les mairies d’Arrondissement au niveau des six Arrondissements. Ces six mairies d’arrondissement jouiront d’une autonomie administrative et financière. C’est en fait une politique de proximité. Cela permettra également d’éviter la lourdeur administrative au niveau de la CUA et de donner plus d’initiatives aux Arrondissements. »

– Midi : Le Premier ministre vient d’affirmer qu’une décentralisation effective est la vraie réconciliation nationale. Qu’en dites-vous ?

– MO : « Il ne peut pas y avoir une réconciliation nationale sans décentralisation effective. En fait, s’il y a crise à Madagascar, c’est parce que certaines régions se sentent lésées en matière de développement par rapport aux autres. La loi sur la Décentralisation qui vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale nous permettra d’y remédier. Cette nouvelle loi impose que tout transfert des compétences est désormais accompagné de transfert des ressources. Ce qui n’a pas été le cas auparavant. Pour le gouvernement, la réconciliation nationale est avant tout économique et sociale. Nos Partenaires Techniques et Financiers sont prêts à nous accompagner pour la mise en œuvre de cette décentralisation effective. L’ambassadeur d’Allemagne a exprimé sa détermination à nous aider. Il y a aussi le gouvernement américain à travers l’USAID, le gouvernement suisse par le biais du projet SAHA, sans parler de l’appui de l’Union européenne. Et actuellement, l’Association des Régions de France est dans nos murs dans le cadre de la coopération décentralisée. Je tiens à préciser que la décentralisation est désormais un outil pour lutter contre la pauvreté à Madagascar. »

– Midi : Vous avez passé six mois à la tête du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. Pouvez-vous dresser un bilan ?

– MO : « On a pu adopter deux projets de loi : loi sur la décentralisation et loi sur la Représentation de l’Etat. Durant la session en cours, deux autres projets de loi sur les Collectivités Territoriales Décentralisées seront soumis à l’adoption des députés. Sur le plan de maintien de l’ordre et de la sécurité publique, mon département y participe par le biais des chefs de district qui sont des représentants de l’Etat. Sur un autre plan, le ministère travaille actuellement pour une Administration forte car s’il y a insécurité à Madagascar, c’est à cause du phénomène de sous-administration. Il ne peut pas y avoir une administration forte sans décentralisation effective. Pour cela, les représentants de l’Etat seront dotés des moyens et leurs attributions seront renforcées. Par ailleurs, mon Département se penche sur la mise en place de la police administrative qui permettra de contrôler la circulation des personnes. Le contrôle des armes par les représentants de l’Etat sera également renforcé. Sur le plan de développement, la Stratégie Nationale de Développement Local (SNDL) est en cours de finalisation. Cette stratégie interministérielle fera l’objet de concertation au niveau des régions et des communes pour pouvoir identifier les priorités de chaque région et de chaque commune. Quant au FDL (Fonds de Développement Local), il sera considéré comme un fonds de péréquation nationale. Ce fonds visera surtout à aider les communes en retard en matière de développement. »

Recueillis par R. Eugène

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