Lalao et Tojo : Demande de visite classée sans suite

Un « prisonnier » comme Marc Ravalomanana ne peut pas participer directement ou indirectement à une réconciliation nationale.
Un « prisonnier » comme Marc Ravalomanana ne peut pas participer directement ou indirectement à une réconciliation nationale.

Contrairement à ceux des autres mouvances, les représentants de la Mouvance Ravalomanana ne peuvent pas communiquer avec leur chef de file durant les pourparlers à Faravohitra.

Alors que les pourparlers entrant dans le cadre du processus de réconciliation nationale initié par le FFKM sont à leur troisième jour aujourd’hui à Faravohitra, Lalao Ravalomanana attend vainement la suite à sa demande de visite auprès de son époux placé jusqu’à présent en résidence surveillée à Antsiranana. L’épouse de l’ancien président a déposé sa demande il y a deux semaines. Normalement, le gouvernement ne peut délivrer une autorisation de visite à Marc Ravalomanana sans l’aval de la Présidence de la République. A rappeler que la famille de Marc Ravalomanana n’a eu droit qu’à deux visites depuis la détention à l’Amirauté d’Antsiranana de l’ancien exilé d’Afrique du Sud. Quant au procès de ce dernier (et de son ancien garde du corps Jean Marc Koumba), rien n’évolue malgré les déclarations de la ministre de la Justice Noëline Ramanantenasoa qui a formellement démenti l’information selon laquelle le juge d’instruction en charge du dossier s’est déclaré incompétent.

Deux poids, deux mesures. Les partisans de l’ancien président dénoncent un « deux poids, deux mesures » dans le processus de réconciliation nationale piloté par le Conseil des églises chrétiennes de Madagascar. En effet, les représentants des quatre mouvances (Ratsiraka, Zafy, Rajoelina et Rajaonarimampianina) peuvent communiquer avec leurs chefs de file pendant les pourparlers à Faravohitra, tandis que Ihanta Randriamandrato et Olga Ramalason ne sont pas autorisées à consulter Marc Ravalomanana sur l’éventuelle résolution qui pourrait être prise à l’issue de la concertation. Or, on sait très bien que les représentants de chaque mouvance ne peuvent décider sans l’accord de leurs chefs de file. Le FFKM devait exiger un minimum de préalables au début du processus. Car un « prisonnier » ne peut pas négocier. En Afrique du Sud, les participants au processus devraient avoir la même chance pour que la résolution qui en sortira soit acceptée par tous. En tout cas, la mouvance Ravalomanan engage de nouveaux négociateurs dans le processus de réconciliation, initié par le FFKM. Au lieu de Rolland Ravatomanga (chef de délégation) et de Guy RIvo Randrianarisoa (porte-parole) ou de Me Hanitra Razafimanantsoa, l’ancien président a eu recours à une junte féminine composée de l’ancienne ministre de l’Elevage Ihanta Randriamandrato et de l’ancienne ministre du Commerce Olga Ramalason.

R. Eugène

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