Monja Roindefo : « La réconciliation nationale requiert un devoir de mémoire »

Jacaranda
Le fils de Monja Jaona rappelle le passé pour faire face au présent et mieux appréhender le futur.
Le fils de Monja Jaona rappelle le passé pour faire face au présent et mieux appréhender le futur.

Le numéro Un du Monima s’inspire du cinéaste français Joseph Lo Porto pour qui « un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ».

Paraphrasant le réalisateur du film « Le regard des enfants », l’ancien PM de renchérir qu’« un pays sans mémoire est comme un bateau sans boussole ou sans système de géo-localisation ». Une façon d’insister sur « le devoir de mémoire » de l’Etat vis-à-vis de son peuple à propos de la vérité sur les événements du passé avant de se lancer dans le processus de réconciliation nationale qui occupe actuellement le devant de la scène politique malgache.

Il pense d’ailleurs que si les nombreuses tentatives de réconciliation nationale n’ont jamais abouti, c’est « parce que les différentes assises que l’on a pu avoir jusqu’à ce jour, n’ont jamais pris en considération le contexte historique dans lequel se sont déroulés les tristes événements à réparer. On a toujours voulu cacher aux citoyens, notamment à la nouvelle génération la vraie histoire de leur pays- et cela a déjà commencé depuis la période coloniale- afin de pouvoir manipuler l’opinion publique et surtout pour ne pas éveiller en eux l’esprit patriotique de leurs aînés ». Et de faire remarquer que si Madagascar est une République qui a actuellement ses forces armées et ses institutions, c’est qu’il y avait auparavant des luttes acharnées menées par les patriotes et les indépendantistes contre l’administration coloniale.

 

Repères. Monja Roindefo pour qui, « la réconciliation nationale exige un devoir de mémoire », de réitérer que les dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays ne doivent pas oublier les souffrances endurées par le peuple malgache. « Ils doivent se rappeler de l’histoire de leur pays pour ne pas commettre  les mêmes erreurs d’antan ». Et de citer dans la foulée Karl Max qui disait que « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ». Tout ceci pour attirer l’attention des anciens et actuels dirigeants du pays qui sont en train de se pencher ensemble sur la réconciliation nationale. « Ils n’ont pas le droit de faire revivre au peuple malgache les mêmes traumatismes qu’en 1971 et 1972, par exemple, quand le régime de l’époque avait réprimé dans le sang les manifestations des militants Monima dans le Sud (3 000 morts) et le mouvement estudiantin à Antananarivo (mai 1972). Ce sont des événements marquants dans l’histoire générale de Madagascar qu’il ne faut jamais oublier si l’on veut avancer vers la liberté dans tous les sens du terme et vers la vraie démocratie. Ils constituent  des repères dans la prise de décision dans le futur, pour ne pas retomber dans les mêmes faux pas ».

Suggestions. Si le fils du leader charismatique du Monima a tenu à rappeler l’histoire, c’est pour dire que « la réconciliation nationale ne devrait pas se limiter uniquement autour des 5 anciens et actuel dirigeant du pays, à savoir Didier Ratsiraka, Albert Zafy, Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina ». Et d’expliquer que d’autres acteurs politiques, la société civile et  des groupements qui ont marqué l’histoire de Madagascar par leurs interventions et initiatives devront également y prendre part.  Autrement dit, une sorte de concertation nationale à laquelle tout le monde, surtout le peuple qui est le premier concerné, pourrait apporter sa contribution. Le Monima qui pense avoir toujours été un acteur incontournable dans les différents événements survenus dans l’histoire du pays, a beaucoup d’informations et de suggestions à soumettre aux médiateurs et aux participants pour le bon déroulement du processus de réconciliation nationale.

Recueillis par R. O

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