Présidence et Assemblée : Mémorandum de stabilité : « Dossier » classé

Jacaranda
Les députés attendent la suite de la situation.
Les députés attendent la suite de la situation.

Le président de la République et le président de l’Assemblée nationale auraient abandonné la tentative de rassembler les députés autour d’un mémorandum de stabilité.

On ne parle plus du fameux mémorandum de stabilité à l’Assemblée nationale. Au début, les polémiques portaient sur le nombre des députés qui l’ont signé dans le cadre de recherche d’une nouvelle majorité présidentielle à l’Hémicycle. Des chiffres ont été prononcés. Certains députés ont parlé de 81 signatures collectées le jour de la remise du document au président de la République. Interrogé par les journalistes lors de la remise de matériels à l’hôpital HJRA, le président Hery Rajaonarimampianina en personne a affirmé que 91 députés ont adhéré au mémorandum. Quelques jours après, des indiscrétions ont permis de savoir que seulement 46 signatures ont été recueillies. A son retour de New York, le président de l’Assemblée nationale Jean Max Rakotomamonjy qui aurait joué le rôle d’intermédiaire entre la Présidence et les députés a déclaré qu’il n’a ni vu, ni signé le mémorandum de stabilité proposé par le président Hery Rajaonarimampianina.

Ballon-sonde. Hier, les députés que nous avons pu contacter ont certifié que cette histoire de mémorandum de stabilité n’est qu’un ballon-sonde de la Présidence de la République pour évaluer l’évolution de la situation à l’Assemblée nationale après l’échec de la motion de déchéance et de la motion de censure. D’après nos interlocuteurs, l’initiative a été prise du côté d’Ambohitsorohitra pour convaincre les députés à se regrouper au sein d’une nouvelle majorité dite présidentielle, afin de pouvoir faire passer les différents projets de loi nécessaires au bon fonctionnement de la machine administrative. La mission de sensibiliser les députés à adhérer à cette initiative a été confiée au président de l’Assemblée nationale Jean Max Rakotomamonjy qui a effectivement convoqué un par un ou par groupe les élus à son bureau. Certains des députés qui ont accepté de venir ont demandé de voir le contenu du mémorandum à signer, mais le président de la Chambre basse a toujours essayé d’éluder la demande des députés.

Statu quo. Force est actuellement de constater que l’histoire de mémorandum de stabilité semble être un « dossier » classé. La récente rencontre entre le président Hery Rajaonarimampianina et le président de l’Assemblée nationale n’aurait pas pu relancer le processus de formation de la nouvelle majorité parlementaire à Tsimbazaza. Bref, c’est le statu quo, alors que la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale approche et la tenue d’une session extraordinaire avant cette session principalement budgétaire s’avère incontournable pour l’adoption du projet de loi de Finances Rectificative (LFR). A cette allure et faute d’une nouvelle initiative, l’Exécutif serait obligé de gouverner avec l’actuelle configuration de la majorité à l’Assemblée nationale. Quoi qu’il en soit, l’article 5 de la décision n°24-HCC/D3 du 12 juin 2015 relative à la résolution de mise en accusation du président de la République Hery Rajaonarimampianina attend sa mise en œuvre. D’après cette décision de la Haute Cour Constitutionnelle, les Institutions de la République (le gouvernement aussi) œuvrent en faveur d’un pacte de responsabilité, garant du bon fonctionnement de l’Etat, dans le cadre de la Constitution en vigueur.

R. Eugène

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3 Comments - Write a Comment

  1. Hery Rajaonarimampianina est en mauvaise posture actuellement. Sa prochaine décision sur le pacte de responsabilité ne devra pas lui coûter un doigt, sinon une motion risquerait encore de le nuire une fois de plus.

  2. Des déclarations francassantes d’un PRM en mal de résultat aussitôt contredit par les faits.
    Que reste t’il de l’autorité de l’,état?

  3. Le pouvoir de nuisance de ces députés est incommensurable. Leur vision politique se limite à l’obtention d’un 4×4, à de généreux avantages de toutes sortes, à un mépris sidéral du peuple et, pourquoi se gêner, à un vieux rêve d’immunité ”diplomatique” pour eux et leur famille… Ben voyons ! Un gouvernement, quel qu’il soit, a besoin d’une majorité pour gouverner. A Madagascar, on s’en fout. Et on en meurt. A titre personnel, si j’étais président de l’une des républiques les plus pourries de la planète (la palme revient évidemment à la Corée du Nord !), je démissionnerais et irais planter mes choux sur une des Iles Eparses, loin du bruit de la ville et des relents nauséabonds de cette humanité-là.

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