SEFAFI : « Un gouvernement sans priorité et sans vision ne gouverne pas »

Jacaranda

L’Observatoire de la vie publique monte au créneau pour dénoncer le laxisme du gouvernement actuel face aux difficultés subies au quotidien par la population.

« Ho aiza ihany ary isika ity? » (Où allons-nous ainsi?). C’est en cette question que le « Sehatra Fanaraha-maso ny Fiainam-pirenena » (SEFAFI) réagit face aux réalités économiques et sociales qui prévalent actuellement au pays. Des réalités engendrées entre autres, par « une misère qui s’étend » et qui touche la majorité de la population, et « des centaines de milliers de jeunes qui arrivent annuellement sur le marché du travail mais qui ne trouvent aucun moyen pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de leurs familles ». Dans un communiqué, cette association membre de la Société civile a, une fois de plus encore, haussé le ton pour dénoncer le laxisme du gouvernement actuel qui paraît « impuissant » et « incapable » d’apporter des solutions aux difficultés subies au quotidien par la population.

« Bilan 100 jours ». En effet, l’équipe gouvernementale dirigée par le Général de Brigade Aérienne, Jean Ravelonarivo est particulièrement pointée du doigt. « Sans priorité, sans vision, il ne gouverne pas », soutient le SEFAFI, tout en dénonçant les actions « sans cohérence et sans solidarité » entreprises au niveau des Ministères. Par ailleurs, le « Bilan 100 jours » du gouvernement est considéré comme : « des objectifs sans ambition, si facilement réalisables que l’autosatisfaction en était choquante pour la population qui n’a pas vu de changement. A l’inverse, l’inauguration pompeuse des réalisations dérisoires et la propagande sur les médias publics ont pris la place de l’art minutieux qu’implique le fait de gouverner ». Une manière de pointer du doigt les déplacements régionaux du président Hery Rajaonarimampianina qui entame un « Mada Raid » à travers l’Ile pour inaugurer parfois des petites infrastructures sans aucune importance et dont la réalisation n’a aucune répercussion directe sur le social des villageois.

« Projets tape-à-l’œil ». Dans ce communiqué, le « Sehatra Fanaraha-maso ny Fiainam-pirenena » met également en relief l’inefficacité du « Plan National de Développement » (PND). « Ses grandes orientations seront-elles susceptibles de répondre aux attentes de la population, en matière de formation et d’emplois, d’infrastructures et de service » ? Selon le SEFAFI, « les grands travaux, tels que la rénovation de l’Aéroport d’Ivato n’ont qu’un impact limité sur l’emploi, ils n’élèveront pas durablement le niveau de vie de la population et profiteront aux seules classes aisées… Pour la réalisation de ces projets, le gouvernement est devenu redevable aux bailleurs de fonds, mais pas à l’égard des citoyens ». Pour enfoncer le clou, le Consortium d’ajouter que « la priorisation des choix gouvernementaux a plus à voir avec des projets tape-à-l’œil qu’avec les besoins réels de la population ». Une remarque a également été faite sur le comportement des bailleurs de fonds qui « font preuve d’une réserve croissante face à l’instabilité politique et à l’incompétence des dirigeants ». « La population supportera-t-elle encore longtemps d’être ainsi méprisée et instrumentalisée ?», se demande le SEFAFI.

« Libéralisme sauvage ». En ce qui concerne le domaine économique, l’Observatoire de la vie publique estime que « le libéralisme sauvage est au pouvoir dans la Grande Ile, où la plupart des biens de consommation sont importés alors qu’on pourrait les fabriquer sur place… Une infime minorité domine les secteurs économique et politique pour conserver ses intérêts et ses avantages, tandis que la grande majorité de la population s’enfonce dans un dénuement total ». Face à cette situation, le SEFAFI exprime son inquiétude. « Cette voie qui bloque le développement de Madagascar débouchera sur des situations explosives et incontrôlables », a-t-on averti. Pour éviter le pire, le Consortium propose la mise en œuvre d’une décentralisation effective. « Sans elle, la confiance ne sera pas rétablie entre la classe dirigeante et les citoyens », a-t-on indiqué. En outre, pour résoudre les « maux sociaux » qui frappent actuellement la Société malgache, le SEFAFI propose entre autres, la revalorisation systématique des bas salaires par une hausse annuelle largement supérieure à l’inflation, la réduction de l’écart des revenus, la promotion de l’agriculture et de l’élevage familial par la formation, par le crédit et par l’entretien des routes dans les campagnes. La question est de savoir toutefois si cette énième interpellation des membres de la Société civile, survenue à quelques semaines du remaniement gouvernemental sera prise en considération par les tenants du régime.

Davis R

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3 Comments - Write a Comment

  1. C,est ci mérite d’être publié dans tous les journaux malgache un bon commentaire . Je ne suis pas un intellectuel encore moins en politique mais j,ai pu observé depuis que j’étais dans la marine en Algérie un bon projet comme le Général de GAULE l,indépendance il a payé ses dettes . C’est au Président avec le Premier ministre qui doivent agir avec des projets définis il n’est pas nécessaire d’un super ministre pour les projets du président .

  2. Pratiquement tout a été vu et fait l’objet d’un « contrôle sur pièces » (que les fiscalistes connaissent très bien) par l’observatoire SEFAFI.
    Le rapport par le constat, et non notification, de la SEFAFI est virulent et très critique, critique dans le sens analyser et non blâmer, à défaut de rapports de la Cour des comptes sur toute gestion et sur toutes institutions.
    Chacun peut approcher et réagir en toute liberté, selon sa conception, cette réaction de la SEFAFI.

    Ce qui est à souligner est que le régime actuel est dépassé par la situation et ne s’est pas du tout attendu à diriger le pays, à évaluer la tâche et les « vary mangatsiaka » qui l’attendent. Du coup sa politique d’improvisation, de rustine et de « déshabiller Rapaoly pour habiller Randria (déjà ngetroka !!!) ».

    Autrement, la démarche politique de Hery Rajaonarimampianina est contraire à la logique du général au particulier.
    Aux élections municipales, le HVM, son parti, ne cherche que les petites communes et n’ayant pas le courage de présenter un candidat à Antananarivo… Le but c’est le nombre de communes et non le nombre des électeurs. Ce n’est pas du tout pareil comme assiette et comme base politique. Du particulier au général.
    Au lieu d’appliquer, stricto sensu, la recommandation de la HCC, le régime pond un mémorandum, un pacte de non agression … rien à voir avec la décision de la HCC et sèment des malentendus au sein des élus.  » Draguer les députés un à un ! », quitte à les débaucher de leur parti en les incitant à l’indiscipline, … mettant ainsi en cause leur fidélité et leur moralité , versatiles qu’ils soient …! Même le Président de l’Assemblée nationale ne sait rien du contenu de ce mémorandum …
    Encore une démarche cavalière et singulière de Hery Rajaonarimampianina qui va du particulier au général et non du général au particulier. Concrètement, il sert en priorité quelques intérêts particuliers au lieu de l’intérêt général qui en a sérieusement besoin.

    Tellement le régime actuel, « moramora », a tellement autant de retards, d’urgences et priorités qu’il fait n’importe quoi pour paraître.
    Les bailleurs de fonds tout comme le commun des Malagasy n’en sont pas dupes.

    Hery Rajaonarimampianina, soyons honnête, s’est trompé d’orientation politique dès le départ avec Kolo Roger qui s’en tapait … Il a pratiquement tous ces biens en Suisse … professionnels que personnels. Bizarre sa nomination … ???

     » Ho aiza ihany ary isika ity ? « 

  3. Des CRITIQUES et des SOLUTIONS PROPOSEES sont là, qu’est-ce qu’on attend alors de les réaliser? Parce que ces « CHOSES » là ne figurent pas dans le PND? Ou bien on attendra l’adoption de la LFR 2015?

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