Chronique de Mickey : A ma fille et mon fils

Jacaranda

If, Si ,Raha vitanao, Raha … mais toujours Tu seras un homme, mon fils !

Traduction libre ou traduction à la lettre ?

La polémique est toujours vive quand il faut adapter une œuvre d’une langue à une autre. Traduire n’est pas toujours chose aisée. Essayer de faire traduire par Google une phrase et vous trouverez une suite de mots incompréhensibles parce qu’elle est reprise à la lettre voire mot à mot. Mais laisser libre cours à sa propre compréhension risque aussi de dénaturer l’original, le « tenà dor », comme disent les jeunes. « If » le célèbre poème de l’anglais Rudyard Kipling  en plusieurs langues et universellement récité, illustre bien que le traducteur y met du sien (foi, vécu, l’époque, les valeurs, personnalité…). Nous nous contenterons de lire  la fin de ce poème, que tout parent aimerait susurrer à son nouveau-né , fille ou garçon, encore une marque de l’époque sur la place des genres.

“Yours is the Earth and everything that’s in it,
And -which is more- you’ll be a Man, my son! “de Rudyard Kipling lui-même.

“Raha vitanao izany, dia anao tokoa tokoa ny Tany Manontolo sy ‘zay rehetra eo aminy
Ary, mihoatra noho izany, dia ho Olombelona tokoa ianao anaka”. de Rajaona Andriamananjara.

« Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils. » d’André Maurois.

« Dia ireo Mpanjaka, Andriamanitra, Vintana sy Fandresena

Ho doria, tsy misy fetra, izy ireo dia homba anao

Fa soa noho ny Voninahitra sy ny Satro-bolamena…

        Etsy anie ry sombinaiko : ho Olom-banona ianao !”d’Antsa.

Rudyard Kipling, le poète a écrit ce poème à l’époque victorienne, celle l’empire britannique et il est normal qu’il dise the Earth. Mais plus tard, il l’aurait dédié à l’Inde pour excuser la domination blanche.

Rajaona Andriamananjara, intellectuel s’il y en a un, Malgache contemporain, président de l’auguste Académie malgache et chrétien se démarque de la traduction d’André Maurois qui parle de « Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis »,

Quant à Antsa, il semblerait que la traductrice ait opté pour la version (en sonnet) qui nous soit la plus connue des traductions, celle d’André Maurois, tout en respectant le leitmotiv de ce dernier, la pureté de la langue de traduction. Toujours est-il qu’il reste l’essentiel du message « TU SERAS UN HOMME, MON FILS ! »

“Etsy anie ry sombinaiko : ho Olom-banona ianao !” C’est beau n’est-ce pas? Et en plus ce n’est pas machiste. Merci Antsa !

Telma Fibre Vibe

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