Chronique – Les républicains adeptes du système dynastique



Jacaranda

Les acteurs de la sphère politique malgache ne sont pas toujours logiques dans ce qu’ils prônent et dans ce qu’ils font. Ils prétendent être les défenseurs d’un système politique dans lequel la souveraineté appartient au peuple. Plus simplement, la République se distingue de la monarchie parce que dans cette dernière le pouvoir se transmet héréditairement ou tout au moins au sein de la famille. Il en est de même dans les partis qui se prétendent républicains et démocratiques. Mais, la réalité nous livre tant de contradictions au point de nous dire que la politique, en fait, n’est pas un champ de bataille d’idées comme on aime à répéter, mais se réduit à une histoire d’hommes et d’ego. Et ne pensez pas que l’alternance démocratique reste l’apanage de quelques Etats. Passons en revue certains qui seraient aux antipodes du système existant : en Corée, celle des Kim Il Song, Kim Jong Il… Aux Etats-Unis, pays de référence de la démocratie, le clan Kennedy aurait sûrement fait succéder à la Maison Blanche Robert ou Edward sans l’interruption tragique qu’on sait. Plus tard, le clan Bush illustre bien l’antinomie de l’alternance républicaine avec le père, le fils et peut-être le neveu. En Afrique et au Moyen-Orient, ce qui se fait se passe de commentaires avec les Bongo, les Asad. A Madagascar, le penchant dynastique existe au niveau des partis ou groupement politique et la structure se confond avec le patrimoine du chef. Un Monja succède à un Monja, un Razanabahiny prend le siège de son père, heureusement, la liste n’est pas longue, peut-être que les rejetons des hommes d’Etat n’ont pas l’étoffe de leur parent. Mais la notion sociologique de clan, lignée ou ethnie prévaut toujours dans les équipées politiques. Une anecdote connue s’est passée dans un ministère, le fils d’un chef de parti débarque un jour et dit tout de go : « Papa a dit que je suis le nouveau dircab à votre place », le remplacé était pourtant un militant de longue date. Une autre, dont Fetison Andrianirina a fait les frais. Il pensait faire une affaire en faisant une option d’achat sur le PSD mais mal lui en a pris, car comme d’une seule voix des « Tsimihety » sabordèrent son projet  en prétendant que le parti ne pouvait être dirigé que par un natif de la région de Tsiranana. On comprend mieux maintenant pourquoi André Resampa n’a pas réussi dans la prise de pouvoir. Plus près de nous, Gilbert Raharizatovo raconte dans un de ses livres que Pierrot Rajaonarivelo, pourtant grand favori au sein de l’Arema pour les présidentielles de 2001 ne pouvait se présenter sous peine d’être traité d’auteur de parricide parce que Didier Ratsiraka venait de la même province que lui et l’auteur de reconnaître que sans l’interférence ethnique, l’histoire aurait pris un autre tournant.

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