Parler aussi des autres et d’ailleurs.

Faut-il que nous subissions toujours les avis des autres, pour parler des autres et des choses qui surviennent ailleurs, au point de s’en approprier comme si c’étaient les nôtres ? Les grands problèmes contemporains de politique, d’économie, de social et de culturel font l’objet de réflexion, de débats et de décisions dont les acteurs nous sont étrangers. Dans nos salons, c’est-à-dire nos cercles de discussions même les plus distingués, l’on ne discute surtout que de politique intérieure, à savoir, quid du prochain remaniement ou quid des tractations entre l’Assemblée nationale et du gouvernement. Et pourtant, des spécialistes en relations internationales, en géopolitique nous en en avons. La seule incursion que l’on connaisse d’eux est celle relative aux îles éparses et encore avec des soupçons de déstabilisation du régime. Des élections présidentielles se déroulent actuellement aux Comores en sommes nous un tant peu soit peu intéressés ou attentifs ? Pourquoi le serions nous dites-vous ? Ne sommes-nous pas le plus grand territoire, le plus peuplé des îles de cette partie de l’Océan Indien ? Ne devons-nous pas avoir le leadership politique et diplomatique de cette région ? Les élites malgaches se doivent d’éclairer les dirigeants pour avoir cette ambition. Sachons tout de même qu’à chaque soubresaut politique à Madagascar, Maurice ne manque pas de s’immiscer pour internationaliser nos problèmes au niveau de l’ONU et des organisations régionales (COI,UA) parce leurs dirigeants pensent qu’ils ont leurs mots à dire dans la stabilité de cette région. Il y a une dizaine d’années, des troubles post électorales sont survenus à Anjouan, île composante des Comores. Des milliers d’Antalaotra y vivent, cependant aucune voix ni des dirigeants ni des élites ne s’est fait entendre sur le sort de nos compatriotes. Il est loin le temps où l’amiral a envoyé un corps expéditionnaire malgache aux Seychelles, pour protéger Albert René d’un renversement.

En règle générale, l’on ne voit pas de conférences, d’émissions où l’on débatte des grands problèmes étrangers comme celui du Moyen Orient, des printemps arabes ou autres. Et ne soyons pas étonnés si nos étudiants sont dépourvus de culture générale. Un ami disait une fois que notre insularité nous rend introverti et notre passé colonial extraverti, comme un perroquet de la France. Quand on parle de souveraineté et que l’on ne voit pas ce qui se passe ailleurs ennemis ou amis, c’est dommage !

Le Grand Andrianampoinimerina disait « Ny ranomasina no valam-parihiko » lui qui n’avait jamais vu la mer, avait une vision d’un horizon à atteindre cette mer, nous en avons fait maintenant un rempart qui nous protège d’accord , mais en même temps nous plonge dans l’indifférence de l’ailleurs.

M.Ranarivao

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