Affectation massive de magistrats : Le SMM appelle au dialogue

Jacaranda
Le secrétaire général du SMM Faniry Ernaivo (à l’extrême gauche) fait partie deq plus de 200 magistrats concernés par la décision d’affectation du CSM.
Le secrétaire général du SMM Faniry Ernaivo (à l’extrême gauche) fait partie deq plus de 200 magistrats concernés par la décision d’affectation du CSM.

Le SMM exclut une grève comme solution en prônant le dialogue avec le ministère de tutelle et le CSM.

Plus de 200 magistrats sont concernés par la décision du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) qui a tenu sa dernière session ordinaire à Antananarivo du 10 au 13 mai 2016. La décision suscitait des remous au sein de la magistrature. Des voix s’élevaient.  Vendredi dernier, le Syndicat des Magistrats de Madagascar (SMM) a tenu une assemblée générale au bâtiment de la Cour Suprême à Anosy. « On a entendu les doléances sur cette décision d’affectation massive. Mais, pour le moment, le syndicat ne compte pas lancer un mot d’ordre de grève », explique Alphonse Andrianjafimahery, président du SMM. Avant d’ajouter : « Notre assemblée générale a permis de collecter les propositions des membres. Ces propositions seront envoyées au ministère de la Justice et au Conseil Supérieur de la Magistrature. Pour cela, nous demandons à rencontrer ces derniers. »

Remboursement. A entendre le président du SMM, l’un des obstacles majeurs est le remboursement des frais d’affectation des magistrats. « Pour un magistrat qui doit rejoindre son nouveau poste, il lui faut dépenser au moins 3 millions d’ariary. Or, le ministère a du mal à rembourser ces frais. Certains magistrats sont obligés de s’endetter pour rejoindre leurs nouveaux postes d’affectation. » A ce propos, Alphonse Andrianjafimahery demande à ce que le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) gère désormais le budget destiné à supporter les charges d’affectation des magistrats. « Si c’est le CSM qui gère ce budget, les frais d’affectation des magistrats sont débloqués une fois que les décisions d’affectation sont prises », soutient le numéro Un du syndicat des magistrats de Madagascar. En attendant ce changement, aucun magistrat concerné par la récente décision d’affectation prise par le CSM n’a jusqu’à présent rejoint son nouveau lieu de travail, et ce malgré le fait qu’un fonctionnaire n’a qu’une semaine à partir de la notification de sa décision d’affectation pour s’exécuter.

Traitement inégalitaire. En fait, le SMM reconnaît que le CSM était dans son droit en décidant d’affecter cette fois-ci plus de 200 magistrats. Par contre, il demande à ce qu’il n’y ait plus de traitement inégalitaire dans la gestion de carrière des magistrats. « Il y a des magistrats qui n’ont jamais fait l’objet d’affectation pendant 15 ans, voire 20 ans. Alors qu’il y a ceux qui ont été affectés deux fois en deux ans sans que leurs frais d’affectation soient jusqu’à présent remboursés », déplore Alphonse Andrianjafimahery. En tout cas, le syndicat des Magistrats de Madagascar appelle au dialogue et exclut pour le moment la grève pour faire entendre ses doléances. Reste à savoir si le ministère de la Justice et le Conseil Supérieur de la Magistrature sont prêts à ce dialogue.

Recueillis par R. Eugène

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