Lois sur la réconciliation : Plus de place à l’impunité

Les deux projets de loi qui sont liés l’un à l’autre et dont l’examen a été ajourné lors de la récente session extraordinaire de l’Assemblée nationale continuent de susciter des polémiques dans la classe politique et économique. Le premier porte création d’une Cour Spéciale en charge de juger les infractions économiques, financières et fiscales commises dans la période allant de 2002 jusqu’à la fin de la transition. Tandis que le second projet de loi prévoit la concrétisation de la réconciliation nationale après les crises successives à Madagascar. Les députés du TIM et du Mapar ont fait bloc pour stopper l’adoption de ces projets de loi, car pour eux, ils semblent viser particulièrement leurs chefs de file, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, qui seraient candidats aux Présidentielles de 2018. Ces élus ont donc mené un combat politique.

Vérité avant réconciliation. L’opinion publique est divisée sur la création de la Cour Spéciale sur la délinquance économique, financière et fiscale. Pour certains, la mise en place de cette juridiction permettra de rétablir la situation en mettant désormais sur un pied d’égalité tous les acteurs économiques du pays dont certains ne digèrent pas jusqu’à présent le fait que les sociétés de Marc Ravalomanana n’ont pas payé d’impôts à l’époque où il était président. L’adoption du projet de loi permettra également de punir les responsables et les commanditaires des pillages qui ont suivi la chute de Marc Ravalomanana. Les auteurs du « Lundi Noir » (26 janvier 2009) n’échapperaient pas à cette juridiction. De même ceux qui ont pillé les ressources naturelles du pays dont les bois de rose durant la transition. Bref, plus de place à l’impunité. La véritable réconciliation doit passer par la Vérité et la Justice.

R. Eugène

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.