Affaire Soamahamanina : Vers un dialogue tripartite

Le calme revient à Soamahamanina après la « suspension » des activités de la société exploitante.
Le calme revient à Soamahamanina après la « suspension » des activités de la société exploitante.

L’Etat se met à l’écoute des acteurs concernés par l’exploitation minière de Soamahamanina pour trouver un consensus.

Une explosion sociale a été évitée de justesse à Soamahamanina grâce à la décision du gouvernement qui a mis en stand-by le projet d’exploitation aurifère menée par la société chinoise Jiuxing SARL. Cette dernière s’est pliée à la mesure gouvernementale. Après cette « suspension », un dialogue tripartite, entre l’Etat, la société exploitante et la population locale, va être engagé en vue de trouver les solutions adéquates au blocage. Ce dialogue permettrait d’examiner ensemble les intérêts de chaque partie. Pour l’Etat, il s’en tient au préambule de la Constitution qui recommande la gestion rationnelle et équitable des ressources naturelles. Pour la société chinoise Jiuxing SARL, elle est en possession d’un permis d’exploitation obtenu à l’issue des procédures et des phases de recherche imposées par le Code minier de 2005. Quant à la population locale, elle aspire à ce que l’exploitation minière à Soamahamanina ait des retombées positives sur le développement de la commune et le social. La construction des infrastructures sociales entre autres hôpitaux et salles de classe serait en vue.

Comité interministériel. Le Conseil du gouvernement du 19 juillet dernier a été spécial dans la mesure où son ordre du jour était dominé par l’affaire Soamahamanina. Il a mis en place un comité interministériel en charge de réexaminer le « dossier » et ses éventuels impacts social, environnemental, économique et culturel. Le Conseil a rappelé qu’un permis de recherche n°19970, au nom de Raherimandimby a été délivré le 19 juillet 2006. Le 18 janvier 2007, Raherimandimby a cédé son permis de recherche à la Société Tanety Lava, une société malgacho-australienne. En 2010, le permis de recherche en question a été scindé en deux, à savoir les permis n°19970 et n°38234. Le 05 novembre 2015, la société Tanety Lava a cédé les deux permis à la société chinoise Jiuxing SARL qui obtient un permis d’exploitation conformément aux dispositions du Code minier en vigueur. La durée de validité de ces permis d’exploitation est de 40 ans. D’après le gouvernement, l’ONE a délivré le 26 mai 2016 un permis environnemental pour le site d’exploitation Andravolobe. Ce qui n’est pas le cas du second site dénommé Antetezamby qui abrite la forêt de « tapia ».

Récupération politique. Pour certains observateurs, les soucis de la population locale sont légitimes car elle voulait la transparence sur un grand projet d’exploitation en cours sur sa terre. Cette population a le droit de savoir quels sont ses intérêts dans cette exploitation. Dans son communiqué du 19 juillet 2016, le gouvernement dénonce les « tentatives de récupération politique orchestrées par des opposants au régime en place ». « Le gouvernement lance un appel à l’apaisement et exhorte la population à ne pas céder à aucune forme de manipulation émanant de certaines personnalités de l’opposition qui cherchent à déstabiliser le régime par tous les moyens. », souligne le communiqué. En tout cas, c’est le stand-by à Soamahamanina. La reprise des activités de la société Jiuxing SARL dépend du résultat du dialogue tripartite. L’Etat veille sur la sécurité des investissements, mais aussi au respect des cahiers des charges de manière à ce que chaque projet minier apporte un réel développement en faveur de la région et au bénéfice de la population locale.

R. Eugène

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