Groupe des Experts Nationaux : Les défaillances de l’Etat dénoncées

Les membres du GEN devant la presse hier à Ankadivato.
Les membres du GEN devant la presse hier à Ankadivato.

Le GEN n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les défaillances de l’Etat dans l’accomplissement de ses missions.

C’était au tour du Groupe des Experts Nationaux (GEN) de monter au créneau. Les Madeleine Ramaholimihaso, Bruno Rakotoarison, Charles Rakotonirina, Cocken Razafiarison, Hasina Rakotoson et Zafimandimby ont dénoncé hier les dysfonctionnements actuels de l’Etat : administration incompétente, système judiciaire non crédible, forces de sécurité inopérantes, intellectuels marginalisés et passifs, société civile infiltrée par des politiciens… « L’incapacité de l’Etat de répondre aux besoins de première nécessité de la population condamne celle-ci à la misère et à la désespérance, et les frustrations politiques peuvent créer des troubles et des désordres, susceptibles de conduire à l’implosion de l’Etat lui-même », fustige le GEN. Avant de proposer : « Il est primordial de rétablir la confiance, d’établir des mécanismes interactifs à toutes les institutions de la République de manière que la redevabilité ne soit pas un vain mot ».

Opposition officielle. Les opposants dont l’attitude ne favorise pas les débats démocratiques ne sont pas épargnés par le Groupe des Experts Nationaux. Il les accuse de ne pas oser assumer leur responsabilité en tant qu’opposants. « Nous invitons le parti ou le groupe de partis politiques qui développe pour l’essentiel des positions ou des opinions différentes de celles du gouvernement actuel à faire une déclaration officielle et publique et d’être enregistrée au ministère de l’Intérieur, comme le prévoit l’article 2 de la Loi 2011-013 du 9 septembre 2011 portant statut de l’opposition et des partis d’opposition. Ainsi pourrait démarrer un débat démocratique au niveau du Parlement », interpelle le GEN. Et de rajouter : « Nous proposons une initiative basée sur une concertation citoyenne, analysant la situation et adoptant des résolutions impliquant la prise en considération des valeurs démocratiques, culturelles et universelles : tolérance, égalité, justice, « Fihavanana », respect, fraternité, dignité et liberté. »

Processus inclusif. Le GEN suggère un processus inclusif et met l’accent sur un préalable qui est la volonté de toutes les parties prenantes (société politique, société civile, médias, administration, églises, secteur privé…) de s’examiner, de se remettre en question, de reconnaître leurs erreurs et de reconsidérer les transformations à opérer en vue du redressement du pays. « Il s’agira d’un processus inclusif, participatif et transparent, devant aboutir à des résolutions pragmatiques et concrètes, concernant tous les secteurs ; le politique, le social, l’économique et le culturel. Nous lançons un appel aux différentes composantes de la nation à s’unir à cette initiative», expliquent les « Experts Nationaux ». Ces derniers demandent par ailleurs au président de la République de « s’impliquer dans cette démarche de rétrospective avec les autres, de manière que Madagascar deviennent un Etat de droit, où on a le souci du bien commun ».

Recueillis par R. Eugène

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.