Léon Rajaobelina : Un ministre pas comme les autres !


Jacaranda

Léon Rajaobelina est-il un ministre à part entière ou entièrement à part ?

Parmi les textes réglementaires adoptés lors du conseil des ministres du 2 février dernier, figure le décret portant création de l’Organisme de Coordination et de Suivi des Investissements et de leurs Financements (OCSIF).

Un autre décret a été pris dans la foulée pour nommer Léon Maxime Raelison Rajaobelina au poste de Commissaire général de l’OCSIF. L’article premier alinéa 2 du décret relatif à sa création dispose : « Au service et en appui du Gouvernement, l’OCSIF est chargé de la coordination et du suivi de la mise en œuvre des programmes et projets d’investissements prioritaires, publics et privés, notamment de ceux identifiés dans le cadre de la Conférence des Bailleurs et des Investisseurs (CBI), organisée décembre 2016 ».

L’article 2 d’ajouter que « l’OCSIF comprend, sous l’autorité du Président de la République :

  • le Comité Stratégique de Pilotage ;
  • le Commissariat Général à la Coordination et au Suivi des Investissements et de leurs Financements.

5 membres. Selon l’article 3 alinéa premier, « le Comité Stratégique de Pilotage fixe l’orientation générale et stratégique de la politique attenante à la coordination et au suivi des investissements et de leurs Financements. A ce titre, il supervise les activités de l’OCSIF y ayant trait. Le second alinéa de préciser que « présidé par le président de la République, le Comité Stratégique est composé du Premier ministre, du ministre en charge des Finances et du Budget, du ministre en charge de l’Economie et du Plan ainsi que du Gouverneur de la Banque Centrale de Madagasikara ». En somme, dans la configuration actuelle du gouvernement, le Comité Stratégique de Pilotage comprend 5 membres. En l’occurrence, le président Hery Rajaonarimampianina ; le PM Solonandrasana Mahafaly ; les ministres Gervais Rakotoarimanana (Finances et Budget) et Herilanto Raveloharison (Economie et Plan) ; le gouverneur de la BCM, Alain Rasolofondraibe. Le Comité « se réunit en tant que de besoin, sur convocation du Président de la République ».

Conseil des ministres restreint. La réunion du Comité Stratégique de Pilotage sera donc une sorte de conseil des ministres restreint sur les questions économiques et financières. L’article 7 édicte d’ailleurs que « Le Commissariat général de l’OCSIF est systématiquement associé, à titre d’observateur, à toutes les activités liées à la vie des programmes et projets, notamment en ce qui concerne l’identification, les négociations, l’exécution, le suivi et l’évaluation. L’OCSIF est destinataire, à titre d’information, des communications et documentations liées aux projets. Il peut initier toute activité ou évènement qu’il estime nécessaire à l’accomplissement de sa mission ». Et pour laquelle il est « doté d’un budget au titre de la Présidence de la République dont l’exécution est placée sous la responsabilité directe du Commissaire général. Il peut également bénéficier directement d’appuis financiers et techniques de la part des partenaires ».

Comptabilité publique. Le Commissaire général de l’OCSIS n’a pas de compte à rendre ni au chef du gouvernement ni aux autorités financières. Il n’est redevable que devant le président de la République quoique le dernier alinéa de l’article 10 du décret dispose qu’ « il  exécute son budget dans le respect des règles régissant la comptabilité publique et des procédures propres aux bailleurs de fonds ». On est en droit de se demander si en sa qualité d’ « observateur » et de « destinataire à titre d’information des communications et documentations », le Commissariat général n’a pas de pouvoir de décision. L’article 9 de souligner que « le Commissaire général est assisté dans ses activités par les membres du Collège des Conseillers Economiques auprès du Président de la République ».

Gouvernement parallèle. Le Collège de Conseillers Economiques et l’OCSIF ne disposent apparemment de compétences liées à tous les domaines puisque l’article 9 prévoit que le Commissaire général « peut s’adjoindre les services de consultants, d’experts ou de toutes autres personnes ressources, de provenance locale ou internationale, requis pour le bon fonctionnement de sa mission ». Tout cela conforte l’idée que l’OCSIF et le Collège des Conseillers Economiques constituent un gouvernement parallèle. D’ailleurs, l’article 8 souligne expressément que « Le Commissariat général de l’OCSIF est dirigé par un Commissaire général, nommé en Conseil des ministres, avec rang de ministre ».  Un ministre à part entière ou entièrement à part ? En tout cas, c’est un ministre pas comme les autres.

Cumul de responsabilités. Léon Rajaobelina redevient ainsi …ministre, après avoir détenu le portefeuille du ministère des Finances durant une partie de la Deuxième République, du temps de l’Amiral. Trois décennies après, enfin presque, il est nommé Commissaire général de l’OCSIF. Ce qui fait de lui, un ministre des Finances et de l’Economie bis. Sans oublier ses deux autres casquettes de chef de file du Collège des Conseillers Economiques auprès du président de la République et de président du Conseil d’Administration d’Air Madagascar.  Le poids de l’âge ne semble pas peser sur les facultés physiques et intellectuelles de cet octogénaire qui cumule plus que jamais les responsabilités.

R. O

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