Chronique de Mickey : La foule n’est pas le peuple

L’appel à rassemblement ou à manifestation de François Fillon fait réfléchir. L’histoire se passe en France ou exactement à Paris, la capitale. Le candidat de la droite ou si l’on veut l’aile conservatrice de l’ordre économique et sociale entend inverser la tendance qui tend à le discréditer comme étant le représentant légitime de son courant de pensée de par les scandales dont il fait l’objet. Il compte rameuter un mouvement de foule ce dimanche cinq mars pour discréditer ceux qui veulent l’évincer de son leadership. Et l’on spécule sur le nombre de manifestants (appelons les par parce qu’ils sont) Cinq mille, c’est l’hécatombe et c’est un échec pour François Fillon, et la porte de sortie lui est grande ouverte, par contre 45 000 voire 50 000, lui paraît suffisant pour battre en brèche ses détracteurs et légitimer sa seule candidature pour la droite et du centre droit. Peuple que ne dit-on pas en ton nom ! L’on sait que 100 000 à battre le pavé, ce n’est pas négligeable, et que la démocratie directe n’est plus envisageable comme au temps des Athéniens, mais, la démocratie représentative comporte des lacunes, surtout avec l’incursion actuelle du numérique avec les sondages et l’internet qui occultent dans ce régime politique  le sens réel du terme : « gouvernement du peuple par le peuple ».

Tout ceci nous interpelle sur notre histoire contemporaine. Les moments de 1972, de 1991, 2002 et de 2009 sous couverts de mouvements populaires sont-ils les faits de la volonté du peuple malgache ? Les linguistes ont du grain à moudre pour cerner le concept de « vahoaka ». Est ce qu’un « rotaka » est synonyme de mouvement populaire ? Le soulèvement d’une ville même s’il s’agit de la capitale suffit-elle pour mettre en branle et évincer un pouvoir légalement élu ? Le diktat de la rue est-il absolu ? On peut admettre que la grande révolution, celle de la France a marqué l’histoire du monde mais son succès n’est-il pas du aux « inconscients ou intrépides» gavroches parisiens ou « zomaka ou zalés » à Antananarivo en 1972 en version actualisée. En fait, une révolution n’a de raison qu’en liaison avec la répression légale ou légitime, c’est selon, qui est en face. Si cette dernière est démesurée ou disproportionnée, l’opinion peut s’en émouvoir et la chute est irréductible. En conclusion, la coercition, le pouvoir de répression n’est pas encore  compris du côté des gouvernés comme celui des gouvernants. En tout cas, il faut se le dire que la foule ne peut se substituer au peuple et que tous l’admettent, sinon, l’on va toujours vers cette instabilité chronique.

M.Ranarivao

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