Droits de l’Homme, corruption et trafics de bois de rose : Le régime Rajaonarimampianina pointé du doigt par les Nations Unies

 Le CITEM exhorte le gouvernement malgache à mettre fin aux pillages des ressources naturelles et aux exécutions sommaires.

Le régime Rajaonarimampianina et le gouvernement malgache sont de nouveau pointés du doigt par les hauts responsables des Nations Unies par rapport entre autres, au non-respect des droits de l’Homme, l’expropriation des populations de leurs terres et l’exploitation illicite des ressources naturelles. Le lundi 6 mars dernier, durant la 34e session du Conseil des droits de l’Homme, qui s’est déroulée à Genève, les dirigeants du Centre de recherches et de publications sur les relations entre le Tiers Monde et l’Europe (CETIM) lors de l’Interactive dialogue avec le Rapporteur spécial sur les droits de l’Homme et l’environnement, a dénoncé les mauvaises pratiques qui prévalent à Madagascar. Dans son intervention, le CETIM établit « le lien entre les trafics illicites des bois précieux, les concessions minières, la corruption et les violences à l’égard de la population ». En effet, ce constat est le résultat d’investigations menées à Madagascar. « Comme nous en avons été alertés par nos partenaires sur le terrain, après le coup d’Etat de 2009, plusieurs sociétés minières et de l’agro-industrie ont obtenu des permis d’exploitation du Nord au Sud de Madagascar. Dans ce contexte, de nombreux paysans sont déplacés ou expulsés de leur terre au mépris de la loi foncière de 2005-019 qui reconnaît les droits coutumiers et la gestion décentralisée des terres », soutient le Rapport. Faisant certainement référence à de nombreux cas d’abus et l’octroi des terres des villageois au profit d’opérateurs chinois et de grandes firmes étrangères.

Compensation dérisoire. « Vu le caractère dérisoire de la compensation, la majorité des paysans essayent de retourner sur leur terre. Cette résistance a conduit bon nombre d’entre eux en prison. De plus, la récente disposition prise par les autorités vise l’expropriation  des populations concernées », martèle le Rapporteur spécial sur les droits de l‘Homme et l’environnement. Pour ce qui est des bois de rose, le Rapport soutient que « les grands parcs nationaux subissent une exploitation illégale impliquant certains dirigeants au pouvoir ». Et de noter que « 150 000 tonnes ont été exportées entre 2010 et 2015. En 2014, d’importantes quantités de bois de rose (35 000 rondins) ont été saisies à Mombassa et à Singapour ». Concernant l’affaire Singapour, le Rapporteur précise qu’ « un procès a eu lieu au mois d’août 2016 mais le gouvernement malgache a refusé de collaborer avec la Justice singapourienne ».

Préjudices humains. « Dans ce contexte, les préjudices humains et environnementaux sont incommensurables ». Le CETIM de citer l’exemple de la société allemande Tantalus qui a obtenu 30 000 ha à Ampasindava pour l’exploitation des terres rares. « Une exploitation qui détruira la flore endémique ainsi que les espèces utilisées et nécessaires à la subsistance des communautés riveraines », estime-t-on. Le Rapporteur spécial aux droits de l’Homme et à l’environnement  n’a également pas manqué d’évoquer l’affaire Befandriana Nord où la Police nationale a brûlé 487 habitations, puis emprisonné des personnes, « en représailles suite à la mort de deux policiers corrompus qui seraient victimes de vindictes populaires ». Face à cette situation, le Centre Europe – Tiers Monde (CETIM) exhorte le gouvernement malgache à « mettre fin aux pillages des ressources naturelles et aux exécutions sommaires, arbitraires et extrajudiciaires, à faire respecter les droits coutumiers et la gestion locale du foncier et de favoriser le dialogue avec la population locale et son intégration dans les prises de décision concernant leurs territoires ».  

Davis R

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